Je me sens sâle, degueulasse. Enorme, j'ai l'impression d'être un ballon dans lequel on souffle, qui gonfle gonfle jusqu'a l'explosion. Tous les jours c'est ça, une répetition monocorde et sans saveurs de journées sans goût. Il ne se passe pas un jour sans que je me refuse quelque chose, sans que je culpabilise d'avoir ressentis de la joie ou un quelconque plaisir. C'est ça, le quotidien de la "maladie". Il y a des jours où c'est plus intense que d'autres, mais ça reste. On a beau se dire, je peux m'arrêter, c'est rien, mais c'est comme la drogue, une fois que t'as un pied dedans, t'as tout le reste qui suit. J'aimerai retourner en arrière, ne pas avoir commençé mais c'est trop tard, je m'en veux. Je m'en veux et je regrette, comment j'ai pu croire que ça serait sans conséquences? Comment j'ai pu penser que j'allai gêrer la situation? Pourquoi j'ai cru que j'allai passer au travers des mailles du filet? C'est tellement pathétique... c'est de ma faute, c'est moi qui un beau jour ai arrêté de manger, je l'ai bien decidé non? C'est pas venu comme ça. J'ai commençé à sauter des repas, j'étais consciente que ça servait à rien, alors pourquoi je l'ai fais? C'est moi qui ai surfé sur tes tonnes de sites pro ana en me persuadant que le bonheur ultime résultait dans le fait d'être mince, de contrôler son corps, de ne pas manger. Au début j'étais presque heureuse d'être pro ana, je pensais que ça allait changer ma vie dans le bon sens du terme, je reprennais ma vie en main! Oui... c'est sur que ma vie est changée, quel bonheur! Je me rappelle il y a plusieurs années, j'avais la joie de vivre, je riais pour rien, sans arrêt. Je me rappelle j'étais l'amie qui réconfortais les autres j'avais des passions. J'étais énergique, j'aimais manger, j'étais bien dans mon corps. Maintenant je suis l'ombre de tout ça, je suis épuisée, tout le temps. J'ai les mains froides, les pieds froids, j'ai froid tout le temps. J'ai mauvaise mine, des çernes la plupart du temps. Et le pire c'est que je suis pas heureuse dans cette vie là, par ce que je contôle rien en fait. J'arrive à rire, j'arrive à sortir un peu, mais tout me semble insurmontable, je suis introvertie la plupart du temps. Je dois mentir pour éviter des sorties avec des amis, je mens pour éviter les restaurants, pour ne pas manger en ville avec elles le midi. Je pretexte des tonnes de choses pour éviter d'être confrontée à la nourriture en présence de celles qui ignorent mon problème mais qui me disent que je mange moins qu'avant. J'ai tout foutu en l'air, j'aurai pu passer de super moments, j'avais des choses à vivre. Et j'ai choisis la destruction, j'ai choisis de me faire du mal pour que les autres ne puissent plus m'en faire, pour anticiper ce qu'autrui pourrait m'infliger. J'ai tout raté.
C'est pas un jeu, arrêter de manger c'est pas une passade cool, c'est pas so hype, c'est pas à la mode, un truc cool pour s'inventer des problèmes. C'est la merde, faut pas s'amuser à faire des trucs pareils, ça tourne vite mal, et quand on s'en rend compte c'est déjà trop tard. Il existe pas de prévention dans les écoles pour les troubles du comportement alimentaire, tout comme il n'y a pas de médicament miracle pour les soigner.
jeudi 21 avril 2011
mercredi 6 avril 2011
Merci anorexie fine vipére, de m'avoir faite loque, d'être devenue errance
On dit que celui qui fait couler tes larmes ne te mérite pas. La nourriture ne me mérite pas.
Ana a crée un monde, tout un univers illusoire où je suis prisonnière. Je m'y suis jetée croyant au paradis mais ce lieu n'était que le reflet d'un enfer malsain, perfide, une illusion. Quand j'essais de m'enfuir, elle me rattrape et d'une force incroyable me fais regretter ma tentative et quand cela arrive je me retrouve pliée en deux de douleur, une douleur viscérale qui me donne envie de hurler, une mutilation psychologique qui m'assassine.
Ana m'a faite croire aux apparences, à l'existence d'une perfection ultime faite de contrôle, de maigreur et de famine. Elle m'a fait croire que le pûre était dans la destruction et qu'elle allait m'apporter plus de bonheur que jamais je n'aurai pu en avoir. Elle est comme une drogue, ou bien même une secte elle est pleine de promesses et toi tu y crois. Mais en fin de compte elle est une pièce sans fenêtre ni porte, sans échappatoire. Elle brisé mon esprit, m'a sucé les os jusqu'a la moëlle pour qu'il n'en reste plus rien. Elle me dévore de l'intérieur, se délecte de mon cerveau alors que moi anorexique je crie famine en dehors, elle, elle me mange.
Ainsi je m'écroule sans oser crier au meurtre, mais un jour j'aurai ma revanche, elle ne me volera pas tout, elle ne me volera pas la vie. Je l'espère.
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