Pourquoi ne se passe-t-il pas un jour sans qu'il n'y ai un pseudo-drame? Chaque minute defile avec un gôut d'eternité, je me refugie dans ma chambre pour me proteger... me proteger de desaccords ou de hurlements. Elle met ou trop ou pas assez de coeur à la tâche, rien ne me satisfera jamais, les tensions sont trop lourdes ma chère Maman et nos journées ne sont que des longs bals masqués où nous cachons nos visages pour mieux nous donner l'impression qu'on y voit clair. On voit les masques et on a conscience qu'ils ne sont que des superfuges mais on s'échine à se dire que c'est mieux pour notre équilibre, que le mensonge est plus raisonnable que toutes les veritées. C'est vrai, quand la réalité surgit c'est toujours douloureux, la maison tremble d'une lourdeur devastatrice, accablant l'oxygène, qui s'echauffe plus et plus de nous axphyxier. J'ai le mal de vivre, de vivre ici et pourtant dans un sens j'ai aussi peur de partir. Mon postérieur disgracieux, entre deux tabourets de bois lustrés souillés de gerbe, ne sait sur quelle saleté s'asseoir. Le silence me fait mal à la gorge, de ne plus parler j'en deviens névrotique, angoissée. Rien ne sort et c'est sûrement pour mieux que le Monde me ronge de l'intérieur. J'aimerai profiter de la chance que j'ai de vivre dans un pays libre, mais je ne suis pas libre, et plus je pars plus ma chaine intérieure me retient en me détruisant. J'écris des drames sans importance, tout en gardant les yeux ouverts sur un écran qui tremble, carences oblige, sûrement ça.
J'aimerai être consciente de l'amour que me portent mes parents, mais je n'en suis sûrement pas digne, j'en ai la preuve formelle, puisque loin d'être surprise j'ai découverts des anti-depresseurs chez moi, mère ou père? Ou les deux qui sait, je savais que j'finirai par les détruire, le Monde ne tourne pas autour de moi, mais j'ai l'impression d'être un facteur, rien que pour ça... j'mérite pas qu'on m'aime. Ana... cette chère Ana pourtant elle m'aime et j'avais comme l'impression qu'elle me rendrait meilleure. J'pensais qu'elle me donnerai de la force, de la combattivité, du courage, de la determination. Je penserai qu'elle me rendrait sûre de moi, belle et attirante. Qu'elle ferait se dissoudre mon dégôut vis à vis de mon corps. Mais il n'en est rien de tout ça. J'ai cru qu'en m'améliorant, qu'en essayant de me redresser physiquement parlant, le psychique suivrait mais tout n'est que question de surface. Le futile et le superficiel ne rendent pas heureux, ils apportent une saveur différente au bonheur, quand on en est déjà conscient mais ne changent presque rien, le plus important changement c'est dans la tête qu'il doit s'operer. Excusez moi ma tête est malade. J'dois quitter ce lieu malsain, mais partir ce n'est pas fuir ses problèmes c'est juste leur faire changer de paysage, et si on me laisse toute seule face à eux, vont-ils me faire plus de mal qu'ils ne m'en ont jamais fait? Sont-ils capables d'encore plus de violence?
Le silence n'est qu'un bruit que l'on entend sans écouter, mais c'est un bruit, et il signifie, il se signifie lui même, de part son calme presque nerveux, de part sa lourdeur parfois intense. Il faut l'écouter, ce silence qui veut tout dire. Et si ma psychiatre écoutait le silence que mon absence en face d'elle impose, elle saurait qu'en réalité j'ai decidé de ne plus la voir non pas par ce que j'allais mieux, mais par ce que j'avais mal de lui parler de futilitées, que j'étais bouleversé de ne rien dire, que mon silence incomprit souffrait et que mon corps se mourrait en cachette.
POINT.
K. TRAMADOL

