dimanche 19 juin 2011

Corps infâme

Appelez moi le pachyderme. Je pleure en regardant mon reflet dans le miroir, je pleure et j'étouffe mes sanglots dans ma serviette de bain. Je fais des crises d'angoisse dans ma salle de bain. Plus vide que jamais, plus affamée et énervée que jamais. Je suis de ces rares grosses qui ne mangent pourtant presque rien. En pleine rechute de depression, je me tourne vers le passé, avec honte, j'ai rien accompli, je suis inutile, j'ai tout raté. A jamais je suis une ratée.
J'ai besoin qu'on me rassure, de tendresse, j'ai besoin qu'on me montre qu'on tient à moi, qu'on me montre qu'on me désire, mais je suis même pas sûre d'être capable de désirer quelqu'un. Je vais crever frigide puisque je ne suis même pas capable d'aller mieux, par ce que je suis incapable de tourner cette page. J'ai peur.   Je n'ose pas le dire, par ce qu'ana ne veut pas que je le dise, par ce qu'elle veut me garder prisonnière, la nourriture c'est mal, je suis grosse, alors je n'ose pas hurler, je n'ose pas appeller au secour, que pourraient-ils faire?  Qu'est ce qui m'est arrivé, pourquoi je suis comme ça? Qu'est-ce que je suis devenue? Où sont passés les jours heureux, les rires, où est passé le plaisir? Où sont passés naiveté, innocence et euphorie? La véritable legereté est-elle définitivement derrière moi? Parfois je me dis que jamais plus rien ne pourra être comme avant et je ne serai jamais véritablement bien.

J'ai peur.

Edit: Defonçée, on pleure, on oscille entre les larmes et les rires. Tu te vois et t'as honte, tant de masochisme. Etre défonçée ne calme même pas mes larmes, elles coulent, je ressens plus grand chose, mais les larmes coulent. Je suis un robot, un légume et j'adore ça, j'adorai. J'ai arrêté pour pas boussiller ma vie, mais là je me dis à quoi bon la boussiller, quand ça vous rattrape tout repart à zéro. Ils sont ma vie, je n'ai plus rien, je dois maigrir, et surtout, ne plus penser. Etre un molusque qu'on traine. Et j'échappe à quoi? Je me fuis moi même. Je vais essayer de ne pas m'enfonçer trop longtemps dans cette période, mais là j'ai besoin qu'on me donne des raisons. Qu'une main amical me tende son bras, sans me forçer en rien, juste en me sortant ces mots: "je te comprends, je suis là". J'ai besoin d'affection,. Je dois perdre du poids et me faire une petite cure de calmant jusqu'a la semaine prochaine, pour faire le point. Puis pour le reste on verra bien, on verra rien.

lundi 6 juin 2011

Queen Ana



Je ne veux pas guérir, je veux maigrir. Je ne veux pas manger, je ne veux pas grossir, je ne veux pas parler, je ne veux consulter personne. Je suis une toxicomane je sais, une droguée, le vide est ma drogue, je vis en mourrant à chaque pas. Mais vous ne me forçerez pas à abandonner Ana, je suis folle, je n'ai pas toute ma tête, ne me prenez pas mon Ana, cette "anorexie" comme vous dites, elle est à moi. En plus je suis pas malade, je vis bien, j'ai l'air en bonne santé, d'où sortez vous que je suis malade? L'insupportable à mes yeux c'est quand cette nourriture entre dans mon corps, quand elle loge mes entrailles, cette nourriture me répugne, elle me dégoute. Dès que je sens mon estomac lourd la seule envie que j'ai, c'est de vomir ce qui me salit, ce qui m'opresse, de vomir cette nourriture qui ronge mon estomac, qui souille mon corps. La nourriture est putride, elle me fait du mal. Et je suis une egoïste qui ne pensent pas à tous ceux qui crèvent de faim dans des villages pauvres, c'est certain, je ne pense à personne. S'ils savaient que je m'en veux chaque jour qui passe, que la culpabilité me loge à chaque chose que je fais. Le moi est haissable vous savez, arrêtez de croire que vous pourrez sauvez tout le monde, évertuez vous à sauver ce qui vous semble sauvable, ne me sauvez pas moi, je ne le mérite pas. Je tiens un discour sans aucune lucidité, par ce que je suis accroc, par ce que l'addiction que j'avais auparavant n'était que le parallèle de celle çi, ana est ma seringue et chaque jour je dois me piquer, les crises de manque sont intenables, et vous savez, il n'existe pas de substance de substitution pour ana, elle se substitue elle même à elle même, elle est un tout, irremplaçable, elle me comble et me remplit alors que je ne sens plus mon estomac tant il est vide. Elle coule dans mes veines, elle m'endoctrine, m'extermine avec une jouissance infinie. Elle m'apporte plus que le tout au sens premier du terme. Elle est mon unité, mon essence, elle me coupe du monde, et je ne l'en empêche pas, par ce qu'en amour je suis masochiste, par ce que je suis une impulsive et que je ne sais faire autrement qu'offrir corps et âme. Je lui ai tout donné dans l'espoir qu'elle me rende meilleure, je ne sais pas ce qui a changé en fai, je ne sais pas ce qu'elle a fait, une longue défonce, des années et j'oublie qui je suis.