Longue bataille, incessante. Les antidepresseurs ne me font pas d'effet, ce mois çi, la sortie de clinique, le départ sur Paris, mon esprit bien occupé, la rentré à la fac. Je n'avais pas le temps de me laisser sombrer, malgré quelques petits pics de deprime. Mais là les gros symptômes reprennent, aujourd'hui, manque de force, allongée sur le canapé, bonne vieille depression bonjour. J'ai trouvé la force de lutter, j'ai combattu cet épisode mais je suis encore fragile, si jusqu'a ce soir je me stabilise c'est déjà un grand succés. Peut être qu'en fait c'est grâce au Prozac que j'ai trouvé la force de bouger de ce maudit canapé. Je ne veux pas me retrouver dans l'état qui m'a envoyé en hopital psy. Même le sol n'est pas assez bas pour expliquer à quel profondeur psychique j'étais. Je ne suis pas beaucoup remontée, mais j'arrive à retrouver un peu le goût de la vie, mais rien n'est magique, je prends conscience que je suis encore fragile et que je dois rester réactive vis à vis de mes comportements vicieux de dépression.
Je dois me concentrer sur mes études, sur le boulot que j'ai sans me laisser submerger par l'angoisse. M'investir dans la relation que je démarre avec mon psychiatre psychanaliste et accepter ce concept moins médical et moins orienté sur la médication que la psychiatrie pûre. Me laisser aller aux confessions avec lui, et accepter certaines réalitées que je n'avais pas vu jusque là. Comme par exemple l'anormalité de la relation entretenue dans ma famille entre tous ces membres, moi, ma soeur ainsi que mes parents. Me détacher de leur tension, apprendre à laisser grondeur leur tempête sans m'enfonçer en elle, je sais gêrer mes états d'âmes, pas tout le temps, mais je dois faire la part des choses quand c'est destructeur à ce point là. Réflechir aussi à cette sorte de maltraitance que ce pauvre type m'a fait subir, je dois l'écrire pour concrétiser, je ne suis pas la seule coupable, et c'est moi qui suit mise toute seule en punition, c'est injuste et inégal, je ne méritais pas tout ça. Et de loin une des plus énorme bataille, comprend pourquoi mon rapport à la nourriture est si complexe, comprendre d'où me vient ce sorte de "refus à la feminité", de l'évenement que je citais ou du rapport avec mes parents avec une mère trop envahissante et un père distant presque absent.
Ce sont de jolies phrases, de beaux mots, mais en pratique la gloire est moins belle, j'en suis très loin, pour l'instant je laisse un peu aller les choses et ce n'est pas très bon. Ana m'aura tué avant même que je ne puisse m'avançer un peu sur la quête de la reconstruction, j'ai combattu les médicaments des années, je commençe à en voir la fin doucement et j'espère pour de bon cette fois çi, alors si l'anorexie me tue, j'aurai vraiment tout perdu dans des batailles vaines d'un soldat de merde. Je ne suis pas un soldat, je n'aime pas les soldats, mais je dois accepter que mon mode de vie antérieur n'est pas un modèle, que mes démons sont des ennemis à détruire. Ces états dans lesquels j'étais n'étais pas des simples passades adolescentes à prendre à la légère, je dois me battre, je suis dans un danger véritable si je continue sur cette route, la prochaine fois j'y passerai pour de bon, où je resterai beaucoup plus longtemps en psychiatrie, et je passerai à côté de mes études et ça je ne le désire pas.
Je ne dois pas regretter mes erreurs, ni même avoir honte de mon passé, même si présentement j'en ai honte, je dois accepter que je n'ai pas eu un parcour honnorifique certes mais que l'honneur, il viendra, quand j'aurai extrait mon corps de cette merde. Et les personnes qui m'apporteront dans la vie seront celles qui m'accepteront malgré mon passé et mes problèmes, qui m'apprécieront dans toutes situations, qui sauront être là pour moi autant que je serai là pour eux et qui ne seront pas indifférent à mon sort. Des personnes qui ne me laisseront pas sombrer sans rien faire ou dire ou qui n'accentueront pas ma rechute en riant, ces gens là sont des monstres. Ceux qui vous aident à crever.
http://www.youtube.com/watch?v=NPrD-Bowbr4
"Tout ira mieux demain, voilà mon espérance. Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion."
Voltaire
