J'ai porté en marchant, le poids de mes erreurs, le poids de mon esprit, de mon désespoir. J'ai hurlé en silence, en secret, des heures et des heures, des jours et des jours, des années et des années. Le venin coûle dans mes veines, je marche sereine, les gens sont aveugles, je pourrai mourir tellement de fois de l'intérieur, jamais ils ne verraient rien, illusion malsaine, c'est ce que je désire. Je ne voudrais pas qu'on sache, je me complais dans ma souffrance solitaire, partager ma douleur ne l'apaise pas en somme alors s'il faut vraiment le faire par éthique je le fais, mais jamais je n'ai eu l'impression d'être un temps soit peu déliberée. Désalienée.
Loin de moi la dépression, plus proche pourtant que jamais, je m'habitue à sa présence, mais croyez moi il y a des avantages aux troubles de l'humeur, c'est que quoi que je ressente, cela ne dure jamais bien longtemps. Rire, j'en suis capable, pleurer aussi, et cela en l'espace parfois de quelques minutes tout au plus. J'ai voulus canaliser mes émotions, frustrée d'être leur esclave, je refusais de laisser mes affects bousiller ma vie, non-soignée je me sentais aller de depression en phase maniaque, le corps et l'esprit affaiblis au possible. Peut être qu'en voulant garder le contrôle j'ai jeté mon enveloppe corporelle dans le vide. Les gens... les gens, il faut toujours parler des gens, ces gens qui ne cessent de dire que j'ai changé, que je fais des efforts, que j'ai changé en bien. Je me suis calmée paraît-il, je n'ai changé en rien, je n'ai rien accomplis consciamment, je ne sais pas vraiment ce qu'il c'est passé en fait. J'essais aussi de me proteger il me semble, avant j'allais vers tout le monde, joyeuse et excentrique, on m'a dit il y a peu que maintenant je semblais renfermée, inapprochable. Je ne suis pas un monstre... Entre ceux qui disent que je suis mieux et ce qui me regrettent, ... assise, je suis assise.
Plus le temps passe et plus des souvenirs se bousculent dans ma tête, je n'avais jamais pris la peine de penser, aujourd'hui je me rend compte qu'aucun souvenir ne m'est agréable. Toutes les sensations qui m'assaillent en sorte de choc électrique parfois sans raison, en cours, sont toutes désagréables, insupportables. Des sensations ... ecoeurantes. La honte à vrai dire, parfois plus, parfois de la melancolie, pas celle que le langage commun utilise, la melancolie Baudelairienne, la bile noire, l'humeur noir, la depression chronique, le spleen, la rate.... ca fait mal au cerveau. Mal à l'intérieur. Et j'ai souvent envie de fuir ces souvenirs, à coup de cachetons. Mais ca serait trop facile, deux ans de lutte, pas pour rien, ils ne me prendront pas tout. Entre le manque de calmants, le manque d'anti-douleurs, de scarifications, de morsure en crises de larmes, de crises d'angoisses en crises de nerfs mon corps a trop tremblé. Je vis dans le passé, c'est vrai tout me suis à chaque seconde. Je transporte à chaque pas une immense valise remplie des mes plus belles insalubritées, de mes plus vivaces douleurs physiques et mentales. Je marche et je pense à la nourriture, je marche et je pense à ce jour d'été, je redécore l'entrepôt abandonné en me visualisant sa disposition... c'est très malsain j'en suis consciente. Je rentre dans mes toilettes et l'odeur de parfum me rappelle mes purges, mon tapis, mes genoux le sentent. Je ne dois plus vomir. Je regarde mes bras en repensant aux marques. Je prends mon porte monnais et je revois les lignes de poudre blanche sniffées sur lui. Je vais dans mon lit, je regarde ma poubelle où j'avais entassé les boites vides et les flacons vides de méthadone. Je suis à l'ordinateur, et je me vois prendre un petit cacheton en continuant de "surfer sur le net". Je vais faire cour, je ne vous inflige pas tous mes souvenirs, ils relatent de toute une vie. Et dire que tout ça dans quelque mois sera très loin, où je serais l'année prochaine? Loin de ma chambre, de ma maison. Je n'eu pas passé que des moments agréables dans cette chambre, mais elle est mienne, la présence de ma famille dans la maison... même si je suis souvent seule, ils reviennent. Quand je serais partie... Je serai loin de mes amies, j'ai peur. Je donne un air assuré, mais au fond de moi je crève de trouille, en opposition à tous les autres "normalement" je devrais quitter le pays. Je suis aux anges mais j'ai peur.
Et si là bas ana décidait de me tuer?
C'est là que je prend conscience de toutes les amitiés que j'ai dénigré alors qu'elles avaient de l'importance, je voulais être indifférente, dure, mais il n'en est rien. Ils vont me manquer, sans eux je ne suis qu'une coquille vide, ils m'ont rempli, beaucoup m'on soutenu, malgré mes mensonges très peu on osé me dire des choses terribles. L'adolescence c'est vraiment une sâle période même si on peut vivre des choses magiques. Les adolescents sont perdus. Je suis carrement une sâle caricature extrêmiste de l'adolescente de base: fille "pseudo-anorexique", "pseudo-droguée", depressive, anarchiste, perdue... je vous passe les autres clichés. Ca fait beaucoup rire d'ailleurs, les gens sont parfois presque outragés du cliché que je représente, je suis votre miroir mes chers amis, vous refusez juste de voir en moi ce que vous avez honte de voir en vous. Ouvrez les yeux, vous aussi vous êtes détestables, on l'est tous, et on le sera toujours tous.
Et je me rapelle la peur au ventre des murs que je frôlais les yeux fixant le sol, les épaules repliées. Son regard injecté de rouge, ses lèvres bombées. Les larmes versées matin et soir, peur de me coucher pour devoir me reveiller chaque matin. Peur de ses mains qui m'enserraient le cou, peur de la manière qu'il avait de s'amuser de m'entendre hurler de douleur quand lui me tordait les bras. Non il ne voulait pas me blesser, il voulait m'humilier en me laissant souffrir sans jamais cogner franchement. Qu'avais-je fais? Pourquoi s'en prenait-il à moi? Pourquoi les autres riaient? Je déteste les autres par ce que je n'ai plus jamais cessé d'avoir peur d'eux, ils ont ri alors que moi je voulais qu'on m'aide. Et si un jour, seule je l'avais croisé, qu'aurait-il fait? Vous n'avez aucune idée de quel imbécile il était et les autres aussi, vous n'avez jamais regardé le regard qu'il avait, celui de la connerie, malpropre. Et j'ai tellement detesté être moi, j'aurais tellement voulu être une autre, par ce que j'étais leur cible à tous. Les rires sont plus blessants que toutes les insultes, comment j'ai tenu bon, j'ai honte. J'ai trop honte de dire tout ça tellement honte que j'ai sûrement apprecié mes autres douleurs presques moins honteuses que celle çi.
Et aujourd'hui je ne sais même plus m'alimenter normalement, comme si ça allait tout effaçer de souffrir pour autre chose, je suis une bombe a retardement, et j'ai honte de vous dire que ce matin, j'ai sérieusement envisagé de me jeter de la balustrade, en plein cour.

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