mardi 14 février 2012

La maladie des petites poupées


La maladie des poupées. Le teint pâle, diaphane, la peau en décoloration, qui te fige comme de cire, ou de porcelaine. Le regard vide, le regard d'une poupée, un objet sans âme et sans vie. Le corps étroit et sans forme, le corps d'un pantin, un corps qui manque cruellement de l'énergie des hommes, qui n'a que la fatigue d'un bonhomme de bois tout raide, rigide et rouillé. Qui grince à chaque pas. Les poupées ne mangent pas et se meurent à feu doux, les poupées sont des objets du divin, parfaits dans ce qu'il y a de qualifiable dans ce mot, parfaits aux yeux de qui?
La gorge toute fragile à cause des vomissements. Les jambes sans force à cause du sport à outrance, les paillettes aux yeux, mais sous le signe du presque malaise, pas de belles paillettes non pas celles là. Les yeux creusés par des çernes, fatigue de survivre à la vie. Les larmes aux coins de l'oeil, qui essaye de pas sortir tout le temps, pour essayer de se montrer forte aux yeux des autres. Mais de la force et de l'espoir il n'en reste plus guere, la maladie se nourrit de ça pour dissoudre ses victimes. L'âme morose, la poupée déhambule dans le froid, recroquevillée sur elle même pour vainement se protéger d'un froid qui vient du dehors mais qui l'habite aussi au plus profond de ses entrailles. Le froid perpetuel de la dénutrition. Elle esquisse des sourires la petite poupée, elle veut montrer le peu de soleil qui lui reste, le peu d'energie, le peu de vie que la maladie ne lui a pas volé elle l'utilise pour autrui.
14 fevrier, la saint valentin, la fête des amoureux, la fête de notre liaison chère anorexie. Tu es ma plus longue relation à présent je m'offre à toi entièrement. Maltraitance conjugale, tu m'aimes mais tu me détruis et moi je me laisse faire. J'ai peur de toi, tu veux me tuer? En secret en plus, tu veux que personne sache que tu me destine un sort tragique. Tu veux pas que j'en parle autour de moi, tu veux pas que je crie au secour. Oh douce maladie que veux-tu faire de moi? Je suis une poupée c'est ce que tu voulais non? J'imagine pas ma vie sans toi, tu ne te lasseras pas de moi, tu veux tout prendre, tout aspirer, tu veux ronger jusqu'au dernier lambeau de ma dépouille, tu me l'as dit. J'aimerai mourir maintenant si je pouvais, t'offrir ce que tu veux absolument et que tu me laisse tranquille dans mon repos eternel, je suis fatiguée, epuisée tu sais. J'ai envie d'abandonner la bataille, mais te laisser gagner si facilement? Oui.. mais non tu veux pas encore que je parte, moi je voudrai m'enfuir mais je ne peux pas, j'ai l'impression que la fin de notre liaison n'arrivera que les pieds par devant dans mon lit de mort. Ca fait mal Ana. Tu sais ce que tu as fais de moi, tu peux l'admirer. Je suis ta parfaite disciple. Pourquoi j'ai accepté ta présence? Comment on s'est rencontré déjà? Jour maudit, me voila malade de toi.
Anorexie, maladie des funèbres poupées humaines, fragile porcelaine, elles tombent et se brise, le vent les affaiblit. Offrez leur un sourire, rechauffez les elles ont si froid. C'est la seule chose qu'on pourrait me proposer, j'accepterai peu de chose, à cause de cette chère compagne, mais si vous voulez me donner un peu de chaleur, c'est volontier, il fait si froid chez moi...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire