jeudi 20 septembre 2012

Elle ne se souvient pas de tout... elle ne se souvient pas, mais elle sait



Je me suis perdue, c'est officiel. La rage est revenue après ce dernier message, oui, le miel devient à nouveau vinaigre, ce n'est peut être pas plus mal. J'ai convulsé de mon âme à nouveau, j'ai vomis mes larmes dans ma cuvette, j'ai vomis ma tiédeur dans le sang ulceré qui sortait de mon estomac. Le vinaigre de l'aigreur qui me perçait les entrailles, remontant dans la gorge d'une brûlante vivaçité. J'ai coupé ma peau, j'ai coupé la viande pour mieux l'emballer, sous vide. Le sang comme une caresse le long de mon bras, le sang chaud de la vie revulsée qui me revient, ma vie me revient quand je la brise. Ma vie me revient quand je ne suis plus rien. Puis à petit pas, j'ai tourné dans ma prison dorée, à petit pas j'ai trouvé les cachettes, à petit pas j'ai ouvert les petites boites, à petit pas j'ai recroisé les comprimés, ils étaient là, sages et me hurlaient de revenir, leurs cris déchirants m'empêchèrent de lutter, je les ai reconforté, dans ma main ils allaient mieux, dans mon estomac ils étaient enfin endormis, leurs larmes sèches. Et moi aussi, j'étais allongée, en guerre mais au repos, l'esprit vif et le corps mort, comme si elle était là, ma douche Kathy.
Escapades chaotique, un mois s'écoule et une vie s'agite, cet incroyable manège qui tourne dans mon crâne, ces enfants qui hurlent de peur et rigolent en même temps sur les petits chevaux qui tournent et qui tournent, parfois même ils volent et se cognent aux parois de mon crâne. Qu'est-ce qui est réel qu'est-ce que ne l'est pas? Les anti-douleurs, c'est pour quand les chevaux me font mal à la tête, c'est une douleur comme une autre, et les calmants, c'est pour quand le manège va trop vite, les enfants ont peur. Pourquoi je ne peux pas échanger ma place avec un de ces enfants? Pourquoi je ne pourrais pas monter sur le manège moi? Plutôt que d'en subir les multiples tours, ça me donne la tête qui tourne, les vertiges du soir, le manège me fait tanguer ces derniers temps. C'est injuste, c'est typiquement humain, l'injustice victimisante que l'on devrait accepter mains tendues avec dignité.
Elle me manque, elle me manque, je me manque. Je me suis perdue et je ne me retrouverai jamais, je commençe à en acquérir la certitude, le temps a defilé comme un train, trop vite, et je l'ai perdu au passage, en ayant la prétention de croire qu'il était lent, mais je l'ai laissé filé le train, me laissant agir comme une furie sans me prévenir qu'il avançait avec mes erreurs dans mes valises. J'aurai voulu partir sans rien emmener, partir sans me retourner, j'aurais été tout autant perdue, peut être même que je serais au même point. J'ai la rage au coeur, la rage aux tripes, la douleur dans mes entrailles, j'ai le vide plein le corps et des plombs plein la tête. Je vais tomber en avant, comme un culbuto à l'envers, je pourrais tenir en équilibre sur ma tête, avec tout ce plomb qui m'a alourdit les pensées. Vieille de trop peu avoir vécu, vieille de trop avoir cherché à nettoyer en toujours salissant plus. Vieille femme de ménage de 19 ans, frotte sans cesse son propre sang, frotte sans cesse sa propre vie qui tant qu'elle coule est encore là, le jour où il n'y aura plus rien à frotter, la vie sera partie. Rendez moi mon enfance, maître du temps, faites quelques chose. Laissez moi mon âge regressez la douleur, réapprenez moi à vivre monsieur le temps, j'ai seché votre enseignement au profit du néant.
Je suis une montgolfière, une ancienne mongolfière, il faut me lester sinon je ne pourrais pas m'élançer dans le ciel, au milieu des nuages, il faut enlever du poids, je suis lourde, lourde lourde dans ma tête, et peut importe les grammes et les kilos que j'ai perdu ou pris, ou vomis, peut importe le poids, je n'arrive plus à m'élançer depuis si longtemps. Je tombe, culbuto culbute.

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