samedi 12 mars 2011

"Le temps viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui." (Augustin Spies)


http://www.youtube.com/watch?v=Tn3dKToa7Aw

Qu'importe combien je me sens seule, qu'importe à quelle point je suis lassive. Qu'importe à quelle point il pleut, de quelle intensitée le ciel est gris. Qu'importe la faiblesse, qu'importe la fatigue. Qu'importe la folie, la destruction, la haine ou la violence. Qu'importe quels furent mes hurlements silencieux, quels furent leur nombre. Qu'importe la difficultée du combat, qu'importe qu'il soit basé sur des illusions. Qu'importe qui je fûs, ce que les autres pensent. Je suis une poupée, et ce que vous voyez vous réconforte, vos sourires sont précieux. Je me fouts de crever de douleur, il me suffit de voir des regards épanouis, des rires legers et j'ai l'impression que je ne vis pas en vain. J'imagine que sûrement beaucoup jouent aussi un rôle, mais je me plais à vous imaginer dans le bonheur. Et c'est quand je vois s'esquisser des sourires que moi aussi j'ai envie d'en renvoyer, c'est quand j'entends retentir des rires joyeux que moi aussi je veux rire. On m'a dit, avant que j'étais un rayon de soleil, mais aujourd'hui? Que suis-je? Est-ce que je rayonne encore pour les autres? Suis-je encore leur échappatoire à la réalité d'un monde sans coeur? J'aimerai mais je n'en suis plus si sûre.
Je dois vous manquer je sais, je refuse tout au nom d'un chiffre, d'un nombre qui ne signifie rien. J'ai des absences, je pense en silence, parfois vous devez vous demander ce qu'il y a dans ma tête, pourquoi je fais tout ça. Je ne trouve aucune réponse, pas l'ombre d'un mot à la hauteur de ce que je ressens. Ana est plus forte que nos rires, que mon bonheur, que l'amitié, que le désir. La nourriture est au centre de mes pensées, de ma vie, je ne pense qu'a la fuir et pourtant elle m'entoure et m'enserre de plus en plus, plus je m'en détache et plus j'y pense. Je suis énorme, et c'est la seule chose à laquelle j'ai envie de penser, me focaliser sur le poids qu'il me reste à perdre, sur comment mon corps sera beau quand mes os seront beaucoup plus saillants.
Tout ce que je vous tais, c'est pour vous proteger, vous proteger de moi. Je vous aime et je vous fais du mal, je dois vous éloigner de ça. Mais plus je sombre et plus j'ai envie de me sentir moins seule. Ce vide je l'ai crée toute seule, cette solitude je l'ai doucement dessinée au crayon gris puis repassée à l'indélebile. Et pourtant autour de moi il y a du monde, mais je suis vide et tout ce qu'il y a autour me semble ausis vide que mon estomac. Vivement que je sois maigre, je me répete cette phrase dans ma tête, me rêvant belle et fine. Je ne sais pas ce que ça changera mais j'ai l'impression que plus je perdrai et plus mon bonheur s'aggrandira, une question de poids, le poids de mon désespoir fondra.
C'était comment déjà quand je mangeais sans rien penser de mal? C'était comment quand je crevais pas la dalle tout le temps? C'était comment quand je me pesais jamais et que je me foutais du poids que je pouvais bien peser? C'était quoi déjà la sensation de manger de bonnes choses, ça fesait quoi de se faire plaisir? Rappellez moi, j'ai oublié. (et je me jure qu'un jour peut être je serai capable, peut être à petite echelle, de ressentir un de ces plaisirs)

Anorexia isn't a fucking game, please scream this sentence. Evitez aux jeunes filles au bord du vide de devenir ce vide.

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