lundi 5 décembre 2011
Chevauche le serpent
Un goût étrange dans la bouche, et tout degringole et tout va bien, et je vais mieux, beaucoup mieux. Apaisée par l'apaisant je n'entends plus les gémissements, hurlements, cris, larmes, je n'entends plus les rires lointains et je ne m'inquiète pas pour leur inquiètude.
"J'te vois jamais manger, ça t'arrives de manger"
"Non... c'est très rare"
La seule chose qu'on me voit faire c'est être defonçée, et là moi même j'me vois pas, j'suis enfin liberée d'mon poids, de mon fardeau, allegée par un pourtant bien lourd fardeau car le monde est moche et toujours plus moche à chaque fois. J'me revois à mes débuts, quand tout tournait autour de mes cachetons, et c'est un peu la même là. Je suis grosse si vous saviez comme je suis grosse, peser un poids poussière, m'écrouler de maigreur, les os saillants à n'en plus pouvoir rien faire. Mais belle, pas infâme, pas ecoeurante, maigre mais charismatique, mais squelettique, comme si m'amaigrir soignerait ma douleur, ana n'a jamais rien guérit, elle a crée des nouvelles douleurs, pour effaçer les anciennes. Amère illusion, goût degueulasse, ana est immonde en bouche, mais ana ne va pas dans la bouche, et pourtant la poudre elle y va, sombre contradiction, paradoxe. Mais ce qui me détruit à le droit d'être avalé, le reste non. La nourriture devrait d'après les coutûmes faire du bien à l'homme, alors je la bannis, à moi elle me fait trop mal, et dans les coutûmes la poudre fait mal et détruit, moi ça me fait un bien fou.
Je voudrai danser les yeux fermés jusqu'a m'écrouler, et rire et rire, danser, tournoyer sans penser, oublier. Je voudrai m'allonger sur le sol et inspirer de l'air qui ne me brûlerait pas l'âme. Ne plus être prisonnière de ce corps salit qui est trop douloureux à habiter. J'ai**** (censure de moi même), oui je le dis, c'est si étrange de l'écrire après tant de déni, comment vais-je réussir à le dire aux autres? Comment me débarasser de ce lourd fardeau? Comment guérir? Survivre? Je suis en perpetuel sursis depuis, chaque parcelle de moi m'écoeure et je souffre d'une longue voir interminable crise d'epilepsie, je convulse intérieurement tant il m'est insupportable d'être en moi, de porter ma chair immonde. Et je ne ressens aucune haine envers lui, par ce que tout est ma faute, c'est souvent le cas il parait dans la tête des filles comme moi. Ca ne devait arriver qu'aux autres, j'essais de me persuader depuis presque trois ans que c'est pas arrivé, et j'y arrive pas putain, et c'est de pire en pire tellement ça fait mal. Ca ressurgit tout le temps même quand je veux pas, j'arrive à rien, me regarder c'est devenu une dérision, un spectacle ironique, je suis devenue une ironie, négation de moi même. J'voudrai qu'on me touche mais j'le supporte même pas... et ça changera pas, j'ai peur de rester figée comme ça. J'veux pas restée bloquée dans cette situation. Mais j'peux pas le dire, je peux pas, c'est trop dur. J'suis même pas sûre, autant je mens.
Anorexie, drogues vous pouvez jouer de mon corps et de mon âme, je suis un vieux pantin de toute manière.
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pas besoin de me dire merci. C'est la vérité, et puis, j'estime que c'est normal, non ? Tu as souffert bien trop longtemps, et le minimum que je puisse faire c'est des jolis message qui te donnent encore envie de vivre, au moins un peu
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