Je repense à l'hopital, non je ne veux pas retourner en psychiatrie, j'en ai fais des cauchemards pendant des mois à ma sortie, la nuit je ne voyais que ça dans mon sommeil, je me levais tôt, j'étais presque robotique, j'ai mis quelque mois à retrouver mon identité et à cesser d'être assistée par les gens qui m'entouraient. Je suis tiraillée entre l'envie de perdre du poids et la crainte de rater mon année en retournant à l'hopital à cause de ça, plus je me regarde dans le miroir et plus je me dis que si je perds trop je finirai pas avoir une sonde, et j'veux pas. Je réussis plutôt bien à la fac sans trop me tuer au travail, ça me plait, j'veux finir ma première année, passer en deuxième, valider mes deux semestres, j'veux m'épanouir, trouver quelqu'un qui pourrait m'aimer et me redonner confiance en moi même, en la vie. Je sais que tout ça est réaliste et non pas fictif comme je l'ai souvent cru, c'est juste que je m'en eloigne avec tout ça, comment avec cette putain de maladie je peux attirer des gens? J'ai rencontré pourtant des personnes formidables, mais ma tête bordel, elle est nulle.
Mon corps s'habitue trop à la Kétamine, j'dois augmenter les doses pour ressentir les effets, voila comment on remplaçe une toxicomanie par une autre, moi qui me vante à qui veux l'entendre que je ne bois plus une goutte d'alcool, que je ne prends plus un seul cachetons. J'me remplis de ketamine tout le temps, tenir une semaine sans, ça m'est arrivé qu'une fois, là j'ai tenu trois jours, quel exploit! Je dois retrouver l'esprit, je suis quelqu'un et j'ai le droit de vivre, d'accomplir des choses, et l'autodestruction ne mène à rien, elle ne fait pas avançer, au contraire je recule depuis des années, c'est triste à réaliser mais j'ai gâché tellement de temps à souffrir, et cette hospitalisation ne m'a même pas servit de leçon je recommence. J'ai beau passer mon temps à faire de belles promesses, à avoir de bonnes résolutions, je n'y arrive pas, une partie de moi refuse toujours d'aller de l'avant et me tire en arrière sans cesse, je suis coupable je sais que je manque de volonté, que je ne rêve que de croupir dans ma pourriture et je me sens encore plus coupable de ressentir ça, de penser ces horreurs, de m'entrainer seule vers le gouffre. Pourquoi je fais ça? Pourquoi je me refuse à la vie? Pourquoi je me fais tant de mal, je me complais dans cette torture qui me satisfait autant qu'elle me déchire le coeur.
Petite fille, je suis une petite fille, je veux être une princesse. Je voudrai être l'enfance que je méprise chez les enfants car quand je les regarde ils me répugnent, d'être si naifs alors que moi je ne suis plus eux. Je suis une enfant, je le sais, je ne grandirai pas, je n'en ai aucune envie. Je suis une enfant au corps d'enfant, les gens me traitent comme une enfant et ça me satisfait. J'ai cru que j'étais une adulte, cette adulte on l'a brisé, souillé, on lui a fait du mal durant tant d'années, on la trainé dans la boue en l'humiliant. Cette adulte on lui a brisé toute confiance en elle alors qu'elle était en pleine adolescence et qu'elle n'en avait aucune, on lui a dechiré chaque parcelle de rêverie. Cette adulte on l'a rabaissé, on l'a evinçé, on l'a manipulé à des fins perverses. Cette petite fille on l'a forçé à être une adulte qui se tait, qui garde le silence par maturité, responsabilité. Cette petite fille on l'a forçé à être une adulte qui veut bien se porter coupable de tout pour ne point emettre de jugements hatifs sur autrui. Cette petite fille on lui a cousu les lèvres pour qu'elle ne puisse pas exprimer ses opinions, pour qu'elle n'ai pas envie de les exprimer, on lui a imposé un désir qu'elle n'avait pas, cette petite fille on l'a touché avec des mains sâles et perverses, on a brûlé sa chaire afin qu'elle se sente putride à jamais, on s'est delecté de sa peau et de son corps pour qu'il se fige dans l'enfance, dans l'adolescente qui ne grandira pas. Et elle cultive l'enfance par le corps affamé qui s'autoronge pour ne laisser apparaitre aucune forme de femme. Cette petite fille avale et avale des produits qui lui font arrêter de penser comme une adulte, pour arrêter de penser tout court et de se souvenir qu'elle a mal, et que c'est sa faute, que ça sera toujours sa faute.
La psychologue a la clinique, elle m'a fait écrire une lettre (à l'innocent), et je savais pas quoi lui dire, j'avais rien à lui dire, c'était trop dur de l'accuser et trop simple de m'accuser mais je voulais et je veux toujours un coupable, et personne ne veut m'en fournir un alors moi je le fais, avec la personne que je vois tous les jours et que je peux punir, je suis coupable, je dois être punie.
edit: j'en ai marre de m'attacher à des gens qui me font du mal inconsciamment, qui utilise des tons qui me brisent le coeur, qui me traitent comme une poupée de chiffon. J'ai trop mal d'avoir ouvert mon coeur et de me frotter à des statues de glâçe. Parano peut etre mais moi les changements d'humeurs ça me mets dans tous mes etats, ça me bouleverse, mais j'vais me contenir comme d'habitude même si j'creve d'envie d'me scarifier, d'me faire gerber, d'expier ma colère et mes larmes par la destruction.

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