Mano Solo- Que reste -t-il à vivre
Apogée, comment la gêrer cette apogée qui me pendait inévitablement au nez? Vais-je vraiment accomplir quelque chose de ma vie? Du premier coup? Sans égratinure, larmes, sang, sans cris et mélodrame. Quelque chose de simple dont je puisse réellement me venter sans honte, avec un sourire léger et un regard confiant vers l'avenir.
Ce sentiment qui m'assaille est celui d'une sâleté qui me brise depuis si longtemps que je ne pourrai vous dire ce que j'ai pu ressentir avant, avant cette sâleté. Depuis rien n'a jamais plus été simple, et cela j'en suis la source, cet inconscient meurtri dans sa dignité de trop de déni me fait payer comme il peut le silence que je lui condamne. Je suis un bourreau, j'ai besoin d'être un bourreau, légitimation de mes propres autopunitions, autoflagelations. Nous n'avons rien à gagner à se penser victime, si ce n'est encore et encore des larmes et un sentiment d'inconfort, de perte de contrôle, d'impuissance totale. Mais cela on en guérit je le sais, et les autres, ces fameux autres on plus de facilité à aider les victimes que les bourreaux. Mais pour être une victime, il faudrait accepter ce que je refuse de voir, accepter que de tous les scénarios envisagés je ne suis pas qu'une idiote et que à mon grand drame, je n'aurai rien pu faire. C'était mon destin et il était inévitable, et je dois le supporter, à bout de bras et continuer d'avançer, c'est aussi ça que de trouver ça place, avançer pour de bon avec sa brisure et s'ouvrir à de l'espoir et au véritable plaisir de vivre. Ils étaient presque doux ces temps où ces grands enfants te riaient au nez, immatures ils se forgeaient par cette illusoire confiance en eux, qui te blessait mais t'endurçicait et qui jamais ne t'avais écarté de toi même. Et puis d'objet de rire tu est passé à objet de main, le rire blesse mais on s'en relève, on peut s'en relever car on reste encore un objet humain, et on ne perd pas son entité de vie. Son désir d'être, d'exister, d'aimer, de désirer, son désir de désir, sa soif de vie, sa soif d'accomplir de sourire. On ne perd pas son envie de découvrir, son besoin de connaître et de rencontrer, de saluer et de parler. L'objet de main n'est rien, c'est à peine s'il mérite le nom d'objet, il est accoudé au bon vouloir d'un individu qui dans son eternel ego et sa soif sans fond ne peut accepter autre chose que ce qu'il voit à travers ses yeux, son envie est un besoin irrépressible que l'objet ne mettra jamais à mal. Que le destin se venge, qu'importe, l'objet de main reste dans la main, mythologie grecque, lien évident. La main, cette putain de main qui t'enserres tu n'y peut rien tu es objet, la main peut tout accomplir de ses cinq doigts vereux et sâles et qui sans trêve accomplissent leur but. Sans fin, le temps est tellement long en enfer. L'animal, l'animal sous son maître, lui le sol il connait bien, ses genoux cagneux en puissance foulent sans fin dans l'instant les décombres qui servent d'hotel, sacrifice.
Suis-je encore vivante en fin de compte? Peut être que je suis morte après ça, plus rien ne m'étonne. Il aurait pu, il aurait du. Là où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir, et comme céder n'est pas conscentir, tu aurais dû me tuer, je n'aurai pas eu à subir toutes ces plaies que tu as laissé au passage de ton être, canif. Car de ça, je peine à me relever, les genoux sont devenu cagneux maintenant, ce n'est pas le même sol en dessous, mais tu m'as effondré dans ma soumission d'esclave bénevole. Tu l'avais prévu ça? Que cette personne que tu as vu, tu as été le dernier à la voir, tu l'as tué en vrai, elle est morte cette jeune fille pétillante que tu as tellement desiré que tu en as eteints sa flamme. Et j'ai peur sans cesser maintenant, inconsciamment je me protège, il faut que plus jamais tu me veuilles à nouveau, encore sous ton emprise, des années après, je repousse, je découpe et modèle afin que rien ne puisses jamais me refaire perdre le contrôle de la situation. J'ai cedé à des scénarios que jamais cette fille n'aurait accepté de jouer, j'ai coupé dans le champs pour prendre la route parallèle par ce qu'il n' y avait plus aucun sens à continuer d'emprunter la même route après ça, plus aucune gloire ou dignité à fouler un sol qui me refoulait à présent, ne me restait plus que la crasse plein la peau. Peau qui a perdu de sa couleur, elle devait se purifier, laver les débris de toi et voir si derrière toutes les couches de saletés elle était encore là, mais je ne l'ai jamais retrouvé, elle n'est plus là.
Tu me l'as volé, cette jeune fille pleine de vie, tu l'as arraché à mon âme, et de ça non, je ne peux pas m'en remettre. La question du pardon ne se pose pas, je ne sais même pas à qui pardonner, à moi ou à toi? Certainement pas à nous, je ne veux plus employer ce mot, il m'écorche la langue comme tu l'as écorché.
Je me rappelle, ça me reviens à présent, tu l'avais rangé où ton couteau mec? canif, ça tu l'étais. T'as dérobé mon inconscient, pervers manipulateur, rappelle toi toujours que tu risques de payer, ma haine se renverse contre toi à présent, tu es ma cible, à ton tour tu deviendras cible!
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