Celle que l'on nomme coupable. Je suis comme un tyran, celle qui fait tant de mal à ses parents en se détruisant, qui provoque et les dérange et ne cesse de mettre en péril l'amour qu'ils ressentent pour elle. Celle qui complexe tellement sa soeur d'être écoutée par tous, la charismatique intellectuelle qui lui vole l'attention qu'elle désire, alors qu'il y a quelque années elle n'était qu'un sous objet, qu'une demi personne qui suit et qui subit sans que personne ne l'aide vraiment ou ne s'en préoccupe vraiment.
Si je suis si cruelle, c'est que j'ai besoin de me protéger, ainsi le mal je me l'inflige à moi même, j'en suis source. Elle est la douce victime, et en me blamant, elle se délivre de ma prison, elle s'aide à se construire son rôle de douce victime prise au piège, de proie, ainsi elle atteint même ma faille et me blesse un peu au passage. Elle blesse le despote qui s'écroule en haut de sa tour de pierre, avec ses pseudo disciples en plastique qui la regardent comme s'ils l'admiraient de si bien chuter. Qu'elle est belle, qu'elle est profonde, qu'elle est la suprême intelligence lorsqu'elle fait ça. A gerber.. je me fais gerber de tant de malentendus. Qui me font jouir à y croire, sauf qu'ils sont factices.
Ce qu'elle ne voit pas, cette deuxième moi qui ne l'est pas du tout, c'est que les grands airs, les analyses chancelantes, ce sont justes des fils pour ne pas totalement sombrer, pour préserver un semblant de dignité, et ce qu'elle croit être mon apogée c'est uniquement mon écrasement facial, en plein dans une boue mélangée aux excréments des animaux du royaume du despote. Jalouse de quoi? Jalouse d'un lit d'hopital psychiatrique qui me donnerait plus de poids face à la vie, par ce que ça serait cela donc qui ferait que mes paroles sont de doux lacs que l'on boit sans crainte, elle qui croit que j'ai tant confiance en moi. Elle ne sait donc pas que je ne supporte plus cette culpabilité que je m'inflige et qu'elle encre plus encore lorsqu'elle me place ainsi, dans ce rôle là.
Que crois-t-elle? Que comprendre que tout repose sans cesse sur mes épaules et un sentiment de toute puissance absolument jouissif, qu'elle les prenne les décisions! Elle les prenait si bien avant, avant quand la vie était différente, quand nous étions des collégiennes. Et puis elle a voulu me fuir, moi j'avais peur au début, elle me guidait pour tout et m'a jeté comme un vieux drap sâle. J'ai du réapprendre à être juste moi, au début je trouvais ça enivrant, mais terrifiant. Elle a toujours eu le contrôle et je ne savais pas ce qui était bon, c'était excitant et angoissant en même temps. Pourquoi me reproche-t-elle de reproduire la place qu'elle avait avant, pour carapace. Elle n'en veut pas elle de ce rôle, c'est une victime parfaite, elle se délecte de cela, alors que jalouse-t-elle alors? Va-t-elle me reprocher ça sans cesse?
Ils m'ont tous laissé me jeter dans la gueule du loup, elevée dans la honte et la culpabilité, elevée dans les non-dits, à qui se confie-t-on alors quand on te fais chanter, qu'on te menace? A qui dit-on qu'on a peur d'avoir été abusée mais qu'on est tellement terrifiée que l'on arrive pas à le reconnaitre, et qu'on finit par tellement se hair de quelque chose dont on est seulement coupable qu'on ne peut que atténuer sa peine par la destruction. Si je m'étais confiée, on m'aurait rit au nez, comme elle l'a si bien fait, j'ai senti en elle tout le mépris du monde alors que je l'appellai à l'aide, j'étais jetée dans mes drames, comme une grande fille que je n'étais pas vraiment encore.
Etre méchante, c'était son credo, et elle faisait sûrement ça pour me faire comprendre qu'elle tenait à moi, avec du recul aujourd'hui cela me semble évident je reproduis le même schéma, sauf qu'elle est grande maintenant. Je n'ai aucune excuse je n'arrive même pas à comprendre pourquoi tant de justifications vaseuses.
Sauf qu'on a rigolé, humilié la gamine que j'étais tant de fois, la honte y a -t-il pire? Peut être la saleté, mais la saleté provoque la honte alors bon.
Rire de la pauvre gamine ridicule, petite qu'on va taper pour rire, qu'on effrayera devant ses amis et sa soeur qui n'ont qu'un regard de pitié mais qui ne peuvent pas agir. Rire de la fille perdue et desesperée qui est coinçée dans une situation dont-elle ne ressortira pas entière, la rabaisser pour qu'elle fasse comme elle peut, sans aide et sans maturité, elle va se tuer. Rire de la fille qui se bourre de cachet pour oublier, qui ne sait plus manger correctement de trop s'affamer.
RIRE DE TOUT.
Je n'en peux plus, et je finirai par ne plus me relever du tout, et là vous pourrez encore rire, ça sera vraiment drôle, dans le fond, pour une fois.
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