vendredi 29 juillet 2011

I know i'm no good

Je suis en vie, pour encore combien de temps? Un coup du destin m'a fait tenir en vie ce soir, presque un miracle. J'ai l'impression de marcher sur un fil, vraiment j'ai peur, je sais que même s'il n'y a pas de vent je vacille sans cesse, chaque jour est un combat pour ne pas mourir, chaque jour je me bats contre mes pulsions suicidaires. Je suis en dépression cela devient évident.
Je ne devrais pas aller si mal, je m'enfonce seule, je ne devrais pas être si malheureuse et souffrir autant, je me prive de nourriture, j'engloutis medicaments sur medicaments. Je dors mal, je ne sors plus, j'ai perdu le goût de vivre, de m'amuser, perdu de le gôut de profiter et je ne pense qu'a mon poids toute la journée, si je sors, je vais m'amuser et l'oublier donc grossir... ce qui est totalement faux en fait. J'ai les cuisses pleines de marques faites au rasoir c'est honteux. Mais comment me sortir ce ça? De ce cercle vicieux? Je ne vois plus de porte de sortie, plus de lumière à mon tunnel, je me bats depuis trop longtemps pour me sortir la tête de l'eau, quand je lâche prise c'est toujours aussi dur. Et lui pourquoi il cherche à me recontacter? Il reveille la douloureuse flamme des souvenirs, je n'ai rien oublié, rien. Je fais juste semblant. Et un detail en particulier me reviens. Mais ça n'est pas possible, mon ça, mon moi et mon surmoi se battent ça fait mal au crâne. Il ne m'est pas arrivé ça, pas à moi, pas lui, il n'a rien fait de mal, c'est moi. C'est pas possible ça y ressemble pas. Je sais pas je suis perdue.
Je dois me ressaisir, sinon je serai pas capable de prendre mon indépendance en septembre, mais j'ai pas l'impression d'en être capable, je vois déjà l'apogée de ma chute à l'avance, je vois déjà mon corps se dissoudre en lambeau, j'ai peur de moi même et de ce que je suis capable de m'infliger. J'ai peur de comment je peux réussir à gâcher ma vie. J'y arrive déjà tellement bien, mais cela finira pas avoir de très graves répercussions. Je ne vois plus l'avenir, j'ai perdu ma détermination, mon énergie. Il faut que ça revienne et comment bordel? Comment? Où est la putain de lumière? Je veux la toucher et m'en imprégner qu'elle me donne la chaleur nécessaire pour réchauffer le vide dans mon corps et brûler le trop plein de haine qui ronge mon coeur. Je préfere le reconnaître, j'aurai pu avoir une vie des milliards de fois pire, c'est ce qu'ils disent tous pour me réconforter, depuis des années, personne ne comprend ce qui m'arrive, moi non plus. Mais cette phrase ne me fait aucun bien, elle me culpabilise et me brise, elle me tord l'estomac, estomac qui se meurt.
Je n'aurai jamais du être si naïve, tout est ma faute, je n'aurai pas du avoir confiance, en attendre autant. Et je n'aurai jamais du me laisser sombrer si violemment , sans faire attention, avec jouïssance et masochisme. J'aurai du être plus forte, accepter la douleur, l'analyser et avançer, j'ai préferer tout foutre en l'air. J'ai trop souffert, je souffre de moi, de mon corps et de mon âme. Et pour l'instant, le soleil m'a quitté, laissant à mon corps le froid et à mon âme l'obscurité.

POST SCRIPTUM: Amy, repose en paix belle fille. Je me devais de le dire.

dimanche 10 juillet 2011

Fat girl doesn't eat


Car oui, les grosses filles ne doivent pas manger. Le concept est lançé, je suis endoctrinée. Et je sais que c'est ce genre de blog, ce genre d'article, ce genre de phrase qui rendent des filles fragiles malades alors je devrai avoir honte. Mais vous qui lisez ça, si vous n'êtes pas malade, soyez attentive à ce qui suit. L'anorexie d'abord ça apporte beaucoup de confiance en soi, tu te crois plus forte que les autres par ce que tu contrôles ce que tu manges, tu te contrôles, tu ne cèdes pas à tes pulsions alimentaires primitives et animales. Ana est ton modèle, même si elle n'existe pas. Tu ne jures que par elle, tu en es fière et tu ne veux pas la decevoir. Puis tu t'épuises, tu te détestes, tu te trouve énorme alors que tu ne l'est pas. Tu as faim tout le temps et tu n'en dors plus la nuit, ou bien tu rêves de nourriture dans ton sommeil, oui tu rêves que tu manges. Elle te renferme par ce que oui les gens autour de toi te jetent la pierre, ils ne comprennent pas pourquoi tu ne manges plus alors ils s'inquiètent puis finissent par devenir franchement insistants pour finir par s'éloigner, par ce qu'ils ne savent pas quoi faire. Ta confiance acquise par la famine s'effiloche, tu finis pas tellement te hair que te blâmer devient naturel, tu veux te punir sans cesse, tout est une raison de te flageller, tu es en tords quoi que tu puisse faire. La nourriture est un fléau, tu finis par rejeter tellement la nourriture qu'elle te hante, les aliments que tu n'appréciais pas avant te semblent être un festin, et tel Tantale tu ne peux pas combler ton vide, par ce que tu sais que tu ne peux pas manger. Tu as faim mais tu ne peux que vivre dans la faim, tu es mal mais tu ne peux te soigner. Par ce que si la nourriture t'attire, manger te dégoute et est une véritable souffrance. Alors même si tu n'avales qu'une petite chose, tu le paye au prix le plus fort, soit par ce que ton estomac à tellement retreçit que tu te tords de douleur soit par ce que ton psychisme refuse cet acte au point que tu pourrais sombrer la folie et te jeter par la fenêtre.
Voila ce qu'ils devraient écrire dans les magazines de mode, voila ce qu'ils devraient dire devant les elèves au moins une fois par an dans les collèges et les lycées. Pourquoi personne ne parle jamais de ça? Les gens médiatisent le mannequinat, l'anorexie par la mode et l'influence des pro ana mais ils passent à côté de l'essentiel, pourquoi ne pas expliquer pourquoi l'anorexie est un enfer. Il est simple de sortir à des jeunes inattentifs des symptômes médicaux dont ils se foutent, pourquoi personne ne passe dans les classes pour expliquer à quel point l'anorexie mentale est une souffrance terrible, comme elle détruit des vies. Peut être qu'ils le font, mais personnellement moi on ne m'avait jamais prévenu je n'en savais rien, je ne connaissais absolument pas la profondeur de cette maladie avant, voir même je la considérait comme tout les stéréotypes que la population en dresse.
Et Ana m'a eu, comment j'ai pu sombrer, j'étais certaine que j'avais le contrôle de la situation, que je pouvais m'arrêter quand je le voulais, que ça n'était pas grave et que je n'étais certainement pas en train de sombrer dans l'anorexie. C'est même ma soeur qui m'a apprit à me faire vomir par ce que j'avais la nausée suite à une gueule de bois, si elle savait, c'est aussi une autre de mes amies qui m'a donné des conseils pour vomir, elle le regrette amèrement, mais pourquoi alors a-t-elle fait ça? Ce sont des sites qui m'ont expliqué comment manger moins, en prenant mon temps, ce sont des magazines feminins et des amies qui m'ont donné des idées d'exercices que je me suis mises à appliquer tous les soirs jusqu'a ne plus en avoir la force. Ce sont aussi des sites qui m'ont donné un objectif de poids vis à vis de ma taille qui me donnerait envie de devenir un squelette, c'est un site internet qui m'a dit que j'étais grosse alors que je ne l'étais pas. Un ecran pixelisé... J'étais fragile et cet écran pixelisé m'a donné l'illusion de trouver une solution à mes problèmes, sans me dire les conséquences que ça allait avoir. Rien n'est anodin. L'influence, voila, et pourtant j'étais toute seule comme une grande quand j'ai eu l'idée joyeuse de me peser, seule pour me balançer des horreurs dans ma tête, je suis seule façe à mes chiottes, seule façe à mes assiettes vides, quand je mange dans des assiettes...
Oui je me plains, je me plains par ce que j'aurai pu éviter ça, par ce que toutes les filles malades auraient pu éviter l'enfer qu'elles vivent, par ce que les gens sont remplis de préjugés sur l'anorexie, par ce que les sites pro anas existent toujours même si beaucoup ont été fermés, par ce que beaucoup de filles decident d'arrêter de manger par que c'est cool. Je me plains par ce qu'à la télevision il y a trop de publicités pour les produits minceurs, par ce que dans les magazines feminins ça parle tout le temps de régime. Les causes sont vastes, l'anorexie c'est pas uniquement ça, malheureusement, tout çela y contribue, cette dictature de la minceur, comment se sortir d'une maladie qui est en rapport avec notre corps si autour de nous on fausse l'image du corps ou on en impose une autre. Comment guérir dans une societé qui ne veut pas que vous guérissiez... bien que cette societé vous réprouve tout de même.
Comment guérir si tout vous pousse à ne pas le faire, je ne veux pas mourir par superficialité. Mais vous savez ana m'a dit que les grosses filles ne devaient pas manger, vous comprenez je n'ai pas le droit.

Courage, un message à toutes et tous ceux qui souffrent de troubles du comportement alimentaire. On trouvera la solution dans nos coeurs (pas avec nos yeux aveuglés);

dimanche 19 juin 2011

Corps infâme

Appelez moi le pachyderme. Je pleure en regardant mon reflet dans le miroir, je pleure et j'étouffe mes sanglots dans ma serviette de bain. Je fais des crises d'angoisse dans ma salle de bain. Plus vide que jamais, plus affamée et énervée que jamais. Je suis de ces rares grosses qui ne mangent pourtant presque rien. En pleine rechute de depression, je me tourne vers le passé, avec honte, j'ai rien accompli, je suis inutile, j'ai tout raté. A jamais je suis une ratée.
J'ai besoin qu'on me rassure, de tendresse, j'ai besoin qu'on me montre qu'on tient à moi, qu'on me montre qu'on me désire, mais je suis même pas sûre d'être capable de désirer quelqu'un. Je vais crever frigide puisque je ne suis même pas capable d'aller mieux, par ce que je suis incapable de tourner cette page. J'ai peur.   Je n'ose pas le dire, par ce qu'ana ne veut pas que je le dise, par ce qu'elle veut me garder prisonnière, la nourriture c'est mal, je suis grosse, alors je n'ose pas hurler, je n'ose pas appeller au secour, que pourraient-ils faire?  Qu'est ce qui m'est arrivé, pourquoi je suis comme ça? Qu'est-ce que je suis devenue? Où sont passés les jours heureux, les rires, où est passé le plaisir? Où sont passés naiveté, innocence et euphorie? La véritable legereté est-elle définitivement derrière moi? Parfois je me dis que jamais plus rien ne pourra être comme avant et je ne serai jamais véritablement bien.

J'ai peur.

Edit: Defonçée, on pleure, on oscille entre les larmes et les rires. Tu te vois et t'as honte, tant de masochisme. Etre défonçée ne calme même pas mes larmes, elles coulent, je ressens plus grand chose, mais les larmes coulent. Je suis un robot, un légume et j'adore ça, j'adorai. J'ai arrêté pour pas boussiller ma vie, mais là je me dis à quoi bon la boussiller, quand ça vous rattrape tout repart à zéro. Ils sont ma vie, je n'ai plus rien, je dois maigrir, et surtout, ne plus penser. Etre un molusque qu'on traine. Et j'échappe à quoi? Je me fuis moi même. Je vais essayer de ne pas m'enfonçer trop longtemps dans cette période, mais là j'ai besoin qu'on me donne des raisons. Qu'une main amical me tende son bras, sans me forçer en rien, juste en me sortant ces mots: "je te comprends, je suis là". J'ai besoin d'affection,. Je dois perdre du poids et me faire une petite cure de calmant jusqu'a la semaine prochaine, pour faire le point. Puis pour le reste on verra bien, on verra rien.

lundi 6 juin 2011

Queen Ana



Je ne veux pas guérir, je veux maigrir. Je ne veux pas manger, je ne veux pas grossir, je ne veux pas parler, je ne veux consulter personne. Je suis une toxicomane je sais, une droguée, le vide est ma drogue, je vis en mourrant à chaque pas. Mais vous ne me forçerez pas à abandonner Ana, je suis folle, je n'ai pas toute ma tête, ne me prenez pas mon Ana, cette "anorexie" comme vous dites, elle est à moi. En plus je suis pas malade, je vis bien, j'ai l'air en bonne santé, d'où sortez vous que je suis malade? L'insupportable à mes yeux c'est quand cette nourriture entre dans mon corps, quand elle loge mes entrailles, cette nourriture me répugne, elle me dégoute. Dès que je sens mon estomac lourd la seule envie que j'ai, c'est de vomir ce qui me salit, ce qui m'opresse, de vomir cette nourriture qui ronge mon estomac, qui souille mon corps. La nourriture est putride, elle me fait du mal. Et je suis une egoïste qui ne pensent pas à tous ceux qui crèvent de faim dans des villages pauvres, c'est certain, je ne pense à personne. S'ils savaient que je m'en veux chaque jour qui passe, que la culpabilité me loge à chaque chose que je fais. Le moi est haissable vous savez, arrêtez de croire que vous pourrez sauvez tout le monde, évertuez vous à sauver ce qui vous semble sauvable, ne me sauvez pas moi, je ne le mérite pas. Je tiens un discour sans aucune lucidité, par ce que je suis accroc, par ce que l'addiction que j'avais auparavant n'était que le parallèle de celle çi, ana est ma seringue et chaque jour je dois me piquer, les crises de manque sont intenables, et vous savez, il n'existe pas de substance de substitution pour ana, elle se substitue elle même à elle même, elle est un tout, irremplaçable, elle me comble et me remplit alors que je ne sens plus mon estomac tant il est vide. Elle coule dans mes veines, elle m'endoctrine, m'extermine avec une jouissance infinie. Elle m'apporte plus que le tout au sens premier du terme. Elle est mon unité, mon essence, elle me coupe du monde, et je ne l'en empêche pas, par ce qu'en amour je suis masochiste, par ce que je suis une impulsive et que je ne sais faire autrement qu'offrir corps et âme. Je lui ai tout donné dans l'espoir qu'elle me rende meilleure, je ne sais pas ce qui a changé en fai, je ne sais pas ce qu'elle a fait, une longue défonce, des années et j'oublie qui je suis.

samedi 21 mai 2011

Quelle idiote cette anorexique dont-on ne perçoit pas même l'ossature squelettique, graisse la recouvrant

Vous allez me trouver idiote, mais si d'ici un mois je ne pèse 35 ou moins je crois que je vais mettre un terme à ma vie, de toute façon ana l'a détruite alors bon?  Les gens autour ne comprennent vraiment rien je me sens terriblement seule dans ma merde, grosse qui plus est, je pleure presque tous les jours, mets ma main devant ma bouche pour ne pas hurler dans mes sanglots, il fait 30 degrés j'ai encore une veste, je ne veux pas qu'on voit mes bras mais il fait trop chaud je vais être obligée de l'enlever. J'ai les bras qui pendent, des cuisses de mastodonte, des joues énorme, un ventre gonflé. Un tas de merde. J'arrête de me lamenter, et j'agis merde, mais bon même quand je mange rien je perds pas de poids donc je sais pas comment agir plus.


Je deviens folle je vois tout le monde gros, même les filles minces. Voila Julia Frakes, mon ultime inspiration corporelle et vestimentaire.

jeudi 12 mai 2011

O pound(s)

Je suis une incapable, une bonne à rien sauf à deprimer. Sans force, un mirage çerné par son corps et par son maquillage noir. Ils me hurlent dessus, s'énervent, ils jugent ce que j'endure, tous se foutent de savoir pourquoi je fais ça, pourquoi ça ne s'arrête pas. Ils veulent que j'arrête mais ils ne comprennent pas que j'en suis incapable, ils s'inquiètent mais ne pensent qu'a eux et leur confort dans le fond. Ils pensent que c'est facile, et je n'ai qu'une envie, leur gerber à la gueule, vomir des litres de haine que je contiens en moi, des litres d'angoisse et de pression, des litres de desespoir. Plus envie de parler, d'être sociable par ce que ça ne me mène à absolument rien, je suis une incapable. Je me hais d'avoir sombré, et je hais les autres de m'avoir laissé sombrer, d'être des aveugles, je les hais de ne pas agir, d'être passifs tout comme je me hais d'être soumise à ma stupidité. Je voudrai me laçerer le corps, que la graisse coule le long de mes cuisses, l'essuyer avec un torchon, et que tout devienne joyeux. Me lipposuccer, aspirer cette graisse qui m'étouffe, aspirer ce qui m'encombre, maladie psychosomatique, c'est dans ma tête que ça bloque, mais je m'en fouts, j'ai pas envie de savoir pourquoi, je veux devenir un cadavre c'est tout.
J'ai l'impression d'avoir tout perdu sans avoir jamais rien gagné, de marcher des kilomètres et des kilomètres dans l'obscurité sans chercher une lumière, me tromper sans cesse de chemin et m'enfonçer dans le noir de plus en plus. S'ils pensent que je ne vais pas bien, par contre, ils n'imaginent pas à quel point et ce dont je suis capable afin de me détruire. Je veux maigrir tellement jusqu'a ne plus pouvoir marcher, j'ai du mal, je veux me dissoudre, jusqu'a ce qu'ils m'enferment avec un tube dans le nez, je m'en fouts, j'ai plus rien à perdre, doucement mais sûrement j'attends de m'écrouler, je veux qu'ils soient horrifiés. J'ai envie qu'ils aient peur, peut être par ce que je me sens seule et que c'est le seul moyen de faire comprendre aux autres que je vais mal et que je n'arrive pas à remonter la pente.

http://www.youtube.com/watch?v=plc6r4mm24U

jeudi 21 avril 2011

BEAUTY FROM PAIN

Je me sens sâle, degueulasse. Enorme, j'ai l'impression d'être un ballon dans lequel on souffle, qui gonfle gonfle jusqu'a l'explosion. Tous les jours c'est ça, une répetition monocorde et sans saveurs de journées sans goût. Il ne se passe pas un jour sans que je me refuse quelque chose, sans que je culpabilise d'avoir ressentis de la joie ou un quelconque plaisir. C'est ça, le quotidien de la "maladie". Il y a des jours où c'est plus intense que d'autres, mais ça reste. On a beau se dire, je peux m'arrêter, c'est rien, mais c'est comme la drogue, une fois que t'as un pied dedans, t'as tout le reste qui suit. J'aimerai retourner en arrière, ne pas avoir commençé mais c'est trop tard, je m'en veux. Je m'en veux et je regrette, comment j'ai pu croire que ça serait sans conséquences? Comment j'ai pu penser que j'allai gêrer la situation? Pourquoi j'ai cru que j'allai passer au travers des mailles du filet? C'est tellement pathétique... c'est de ma faute, c'est moi qui un beau jour ai arrêté de manger, je l'ai bien decidé non? C'est pas venu comme ça. J'ai commençé à sauter des repas, j'étais consciente que ça servait à rien, alors pourquoi je l'ai fais? C'est moi qui ai surfé sur tes tonnes de sites pro ana en me persuadant que le bonheur ultime résultait dans le fait d'être mince, de contrôler son corps, de ne pas manger. Au début j'étais presque heureuse d'être pro ana, je pensais que ça allait changer ma vie dans le bon sens du terme, je reprennais ma vie en main! Oui... c'est sur que ma vie est changée, quel bonheur! Je me rappelle il y a plusieurs années, j'avais la joie de vivre, je riais pour rien, sans arrêt. Je me rappelle j'étais l'amie qui réconfortais les autres j'avais des passions. J'étais énergique, j'aimais manger, j'étais bien dans mon corps. Maintenant je suis l'ombre de tout ça, je suis épuisée, tout le temps. J'ai les mains froides, les pieds froids, j'ai froid tout le temps. J'ai mauvaise mine, des çernes la plupart du temps. Et le pire c'est que je suis pas heureuse dans cette vie là, par ce que je contôle rien en fait. J'arrive à rire, j'arrive à sortir un peu, mais tout me semble insurmontable, je suis introvertie la plupart du temps. Je dois mentir pour éviter des sorties avec des amis, je mens pour éviter les restaurants, pour ne pas manger en ville avec elles le midi. Je pretexte des tonnes de choses pour éviter d'être confrontée à la nourriture en présence de celles qui ignorent mon problème mais qui me disent que je mange moins qu'avant. J'ai tout foutu en l'air, j'aurai pu passer de super moments, j'avais des choses à vivre. Et j'ai choisis la destruction, j'ai choisis de me faire du mal pour que les autres ne puissent plus m'en faire, pour anticiper ce qu'autrui pourrait m'infliger. J'ai tout raté.
C'est pas un jeu, arrêter de manger c'est pas une passade cool, c'est pas so hype, c'est pas à la mode, un truc cool pour s'inventer des problèmes.  C'est la merde, faut pas s'amuser à faire des trucs pareils, ça tourne vite mal, et quand on s'en rend compte c'est déjà trop tard. Il existe pas de prévention dans les écoles pour les troubles du comportement alimentaire, tout comme il n'y a pas de médicament miracle pour les soigner.