mardi 10 avril 2012

Blessée- écorchée

Le coeur à vif. Le sang de la blessure qui salit tout autour.

"Quel crime ai-je donc commis ? Refuser le monde: crime puni de prison à perpétuité. Ils me manipulent comme un vulgaire ramassis d’os, dénué de toute pensée, de tout sentiment.
Je suis seule. Dehors, le monde est en train de rire, de s’amuser, de parler, je suis seule, seule avec mon corps, qui ne veut rien, qui ne demande rien, sauf de mourir." Le pavillon des enfants fous

dimanche 18 mars 2012

"T'as beau maquiller le présent, ton avenir saigne du nez"




C'est une longue tourmente, un tourbillon, un triangle amoureux entre moi, l'anorexie et la kétamine. L'une et l'autres s'aiment bien mais je suis une extrême alors parfois je privilégie l'une, parfois l'autre. Mais les deux me le font payer quand je les abandonne.
J'ai essayé de m'eloigner de cette "kathy" me donner corps et âme à Ana mais je n'y arrive pas, ana me tape, elle est aggressive en ce moment, entre vomissement, carences et épuisements, j'ai besoin que Kathy soit aussi là de l'autre côté pour amortir la chute, pour rendre plus doux le linceuil dans lequel je sombre. Mais je ne mets pas le pieds dans la tombe, je me cadavérise juste. Ma santé dans tout ça? Quand est-ce que je m'en préoccuperai? Mon moral? Je ne vois pas comment ma dépression s'arrangerait avec tout ça, mais ce sont mes trucs, mes petits échappatoires, mes astuces pour m'évader, m'enfuir, pour palier à ma souffrance. Détruire le corps pour oublier que la tête va mal. J'ai peur de ce qu'on peut penser de moi, les personnes qui m'entourent, sont-elles totalement desesperées de ne jamais me voir remonter la pente? J'ai l'impression d'être une mauvaise actrice d'un film pseudo dramatique. Le cliché total de la déchéance, je suis une fille anorexique, je lutte tant bien que mal, j'm'enfarine le nez à la kétamine (encore c'est déjà moins cliché que la coke), j'essais de m'accrocher à la fac, j'ai des facilités, j'ai les capacitées, mais mon mal être m'empêche de donner le meilleur de moi même, je laisse mes problèmes personnels empieter sur mes études, je devrai m'y donner à fond mais ce n'est qu'un passe temps, j'aime ce que je fais, mais je vais trop mal je crois pour me focaliser sur ça, j'peux pas m'y raccrocher, j'vais y aller à l'attaque, j'vais passer en douleur, mais j'vais les continuer ces études, qu'importe que ça me coute beaucoup de santé et de moral. Peut-importe j'avance sur tous les fronts en même temps, je me disperçe pour mieux laisser ma traçe, je suis un invasive, et quand j'arrive ça entaille les sourires. On croit rire et faire une bonne affaire, on se retrouve avec un pantin dont on ne sait que faire, on peut l'apprécier mais on ne sait que faire pour la sortir de la boue dans laquelle elle a consenti à se jeter tout seule comme une grande. Je suis moins intelligente tout de même avec mon coton protecteur, ma came, j'écris mais j'ai l'impression que c'est moche, mal écrit, mais j'adore ça écrit seul, c'est mon inconscient qui prendrait presque le relais, mes doigts s'exitent sur le clavier, comme s'il fallait REVELER mais je ne relève rien de plus qu'y n'ai pas été dit. Je me trouve trop... trop tout. J'ai l'impression d'être fatiguante, je suis mon propre juge notez, très impartial... mouuais.
Quand Kathy revient et qu'Ana faisait déjà la fête à la maison, c'est l'apogée, kathy elle m'avait manqué, j'ai tenu un mois environ sans elle, c'était rien, c'était du néant sans elle. Je suis quelqu'un sans substance, mais je suis encore plus ce quelqu'un avec, je sais c'est totalement faux. J'ai presque envie de taper dans mes mains comme signal de départ d'une course folle, pour finir cette année bien pas forcément proprement mais bien, j'veux dire, niveau études au moins, le reste c'est un peu moins important, je crois que je fais une grosse fixette sur mes études, j'veux juste obtenir mon année, j'suis prête à tout, et en même temps j'fais pas beaucoup d'effort, c'est antithétique. Et c'est complétement puéril comme comportement, on est d'accord non?

J'vais y arriver, dans mes extrêmes j'atteindrai mes buts, ça en clouera des becs!

samedi 3 mars 2012

Jour spécial, le secret si honteux.

Je n'écrirai pas un long monologue, c'est une tâche qui me semble trop difficile encore pour aujourd'hui. Plus d'un an que je tiens ce blog, l'année dernière aussi j'avais crée un nouvel article pour cette date. C'est ma manière à moi de me remomerer secrètement ce jour là. J'ai besoin de le faire, rien à célebrer si ce n'est beaucoup de souffrances mais cette date elle est en moi, surtout à l'heure qu'il est, j'étais déjà dans mon enfer à ce moment là je pense. Tout a basculé, mes difficultées sont devenues alors des obstacles infranchissables, c'est le troisième 3 mars que je dois surmonter. Ils sont tous terriblement étranges, depuis quelques jours il me hantait, et ce matin aussi en me levant, puis j'ai essayé de me dire que ça n'avait aucune importance et que tout allait bien se passer, mais sans raison je me sens mal, j'ai des grosses bouffées de mal être, de tristesse. Les souvenirs je continue de les chasser, c'est mieux comme ça.
Je vais essayer de sourire quand même, ce soir je ne dois pas partir dans un élan de déprime, l'après horreur, cette journée est pleine d'angoisse et d'étape, l'avant, le pendant qui est maintenant et surtout aussi le après qui fût terrible mais qui n'est autre en fait que ma vie depuis tout ce temps.
Je ne me sens pas le courage de trop écrire, les angoisses risquent de monter sinon je ne refuse de trop me souvenir, je veux juste marquer ce jour, comme chaque année, combien d'année ça continueras? Je craindrais cette date tout le reste de ma vie? Et je serai souillée pour toujours, malade de supporter cette chaire.
C'est la vie, il s'avère que parfois elle semble t'avoir donné un tel coup de pelle dans la nuque que la douleur perdure, que le choc tarde à passer. C'est un des aléas de la vie, elle t'offre de beaux cadeaux mais parfois aussi elle te brise. Le cailloux est fait pour s'user, nous sommes tous pleins de cicatrices, on tombe, on se blesse et on se relève différent à chaque fois, mais on se relève et on est toujours le petit caillou que nous sommes.

mardi 14 février 2012

La maladie des petites poupées


La maladie des poupées. Le teint pâle, diaphane, la peau en décoloration, qui te fige comme de cire, ou de porcelaine. Le regard vide, le regard d'une poupée, un objet sans âme et sans vie. Le corps étroit et sans forme, le corps d'un pantin, un corps qui manque cruellement de l'énergie des hommes, qui n'a que la fatigue d'un bonhomme de bois tout raide, rigide et rouillé. Qui grince à chaque pas. Les poupées ne mangent pas et se meurent à feu doux, les poupées sont des objets du divin, parfaits dans ce qu'il y a de qualifiable dans ce mot, parfaits aux yeux de qui?
La gorge toute fragile à cause des vomissements. Les jambes sans force à cause du sport à outrance, les paillettes aux yeux, mais sous le signe du presque malaise, pas de belles paillettes non pas celles là. Les yeux creusés par des çernes, fatigue de survivre à la vie. Les larmes aux coins de l'oeil, qui essaye de pas sortir tout le temps, pour essayer de se montrer forte aux yeux des autres. Mais de la force et de l'espoir il n'en reste plus guere, la maladie se nourrit de ça pour dissoudre ses victimes. L'âme morose, la poupée déhambule dans le froid, recroquevillée sur elle même pour vainement se protéger d'un froid qui vient du dehors mais qui l'habite aussi au plus profond de ses entrailles. Le froid perpetuel de la dénutrition. Elle esquisse des sourires la petite poupée, elle veut montrer le peu de soleil qui lui reste, le peu d'energie, le peu de vie que la maladie ne lui a pas volé elle l'utilise pour autrui.
14 fevrier, la saint valentin, la fête des amoureux, la fête de notre liaison chère anorexie. Tu es ma plus longue relation à présent je m'offre à toi entièrement. Maltraitance conjugale, tu m'aimes mais tu me détruis et moi je me laisse faire. J'ai peur de toi, tu veux me tuer? En secret en plus, tu veux que personne sache que tu me destine un sort tragique. Tu veux pas que j'en parle autour de moi, tu veux pas que je crie au secour. Oh douce maladie que veux-tu faire de moi? Je suis une poupée c'est ce que tu voulais non? J'imagine pas ma vie sans toi, tu ne te lasseras pas de moi, tu veux tout prendre, tout aspirer, tu veux ronger jusqu'au dernier lambeau de ma dépouille, tu me l'as dit. J'aimerai mourir maintenant si je pouvais, t'offrir ce que tu veux absolument et que tu me laisse tranquille dans mon repos eternel, je suis fatiguée, epuisée tu sais. J'ai envie d'abandonner la bataille, mais te laisser gagner si facilement? Oui.. mais non tu veux pas encore que je parte, moi je voudrai m'enfuir mais je ne peux pas, j'ai l'impression que la fin de notre liaison n'arrivera que les pieds par devant dans mon lit de mort. Ca fait mal Ana. Tu sais ce que tu as fais de moi, tu peux l'admirer. Je suis ta parfaite disciple. Pourquoi j'ai accepté ta présence? Comment on s'est rencontré déjà? Jour maudit, me voila malade de toi.
Anorexie, maladie des funèbres poupées humaines, fragile porcelaine, elles tombent et se brise, le vent les affaiblit. Offrez leur un sourire, rechauffez les elles ont si froid. C'est la seule chose qu'on pourrait me proposer, j'accepterai peu de chose, à cause de cette chère compagne, mais si vous voulez me donner un peu de chaleur, c'est volontier, il fait si froid chez moi...

mercredi 1 février 2012

La loi du vide, le vertige : entre peur et désir

Le vertige, la peur du vide ou l'attraction incontrôlable de ce même vide? Qui nous tend à chuter... (et à le craindre)

Entre rires et larmes.
Pulsion de mort, envie de passage à l'acte. Ca va passer comme d'habitude.
Silence et solitude, ça me pèse. Qui m'a rendu si muette que je le tue?

Il y a des souvenirs qui ne partiront pas, ils ne peuvent pas. Il y a des choses qu'on ne peut pas effaçer. Comment avançer, tourner la page c'est facile dans certains cas, on peut essayer de tourner la page de certaines relations, de certaines douleurs. C'est toujours dur, mais il y a des choses, des choses qui vous ecartent radicalement du "bon chemin" vous pourrez vous rattraper, avançer, mais ça restera là, présent, comme un boulet. Des choses dont on a du mal à parler ou dont on ne parle pas. Des choses qui sont notre vécu. Comment oublier la psychiatrie, comment oublier ces hurlements en pleine nuit qui t'empêchent de fermer l'oeil et te font réclamer un autre comprimé à l'infirmière. Comment oublier ce que tu as vu. Comment oublier les traçes sur ton corps qui te font rappeller tous les jours que t'es une personne instable, que t'as peté un cable. Comment oublier ces infirmiers qui te parlent comme à une personne différente, et les heures des medicaments. Comment oublier la clinique et ces longues minutes debout dans le couloir comme des prisonniers à attendre ton tour pour tes comprimés. Ces grillages qui entouraient le "jardin". Les gens qui sortaient, et toi parquée dans ton enclos. Une personne m'a faite tenir en clinique, et en dehors on a perdu contact, rencontrer une personne dans ce genre d'endroit, c'est pas developper une amitié, on m'avait prévenu et j'pensais à l'exception mais c'est trop dur de passer outre la detresse de ce moment là pour fonder des bases d'une véritable amitié.
Je sais que ce n'est pas grave mais j'ai beau faire des efforts, je me sens comme en décalage, personne ne me le fait sentir mais moi je le sens. Il y a quelque chose en moi qui est brisé, une certaine innocence, naïveté qui a disparu et que malgré tous mes efforts je ne peux pas véritablement retrouver, je peux feindre l'optimisme mais je sais que je serai toujours la même, je peux feindre l'oubli mais je ne peux pas effaçer mon passé, je ne peux pas effaçer mon présent empreint de troubles alimentaires, empreint d'une instabilité qui me fait sans cesse craindre une nouvelle depression "psychotique", je ne peux pas effaçer ces envies de mort qui me prennent parfois, pas effaçer mes cicatrices, pas effaçer ma douleur. Je ne peux pas effaçer le pourquoi du comment, pas effaçer mon envie de défonce sans cesse présente, pas effaçer ma vie en fait. On doit avançer tel qu'on est. Je sais que je ne suis pas seule à avoir vécu ça et que chacun à sa manière a vécu des choses difficiles, mais le monde est si hypocrite qu'il donne une impression de stabilité et de perfection que je n'arrive pas à trouver chez moi, et je sais que tout le monde a des failles mais j'arrive à en faire abstraction sur les autres, mais pas avec moi. .. Et dans mon quotidien, je n'ai pas non plus un million d'amis qui ont connu l'hp. En fait de ce que j'en sais, une, et je l'ai rencontré dans un contexte de trouble alimentaire.
Je me sens comme ... un monstre, j'en ai marre de me sentir comme ça, mais j'ose pas parler de mes souffrances par ce que je les sens pas receptibles à un auditoire qui ne peux pas les comprendre. Si on a pas vécu ce que j'ai vécu, dites comme ça, à nues elles peuvent être écoutées mais peuvent peut être choquer quelques uns, ou juste interloquer, on amener le silence par ce qu'on a pas les mots pour y répondre. Je veux pas mettre mal à l'aise j'aime pas ça, je veux pas m'appitoyer sur mon sort alors je garde, et ça fait mal comme d'habitude, je commence à bien connaître cette sensation mais je la déteste toujours autant. Chacun sa vie, sauf qu'il y en a qui assument leur passé, leur vécu, leurs difficultées et s'exprime et osent demander de l'aide à leur proche, moi je vis dans la honte, la culpabilité et me terre dans mon destructeur et douloureux silence.

mardi 24 janvier 2012

Le cercle du sang



Et s'il ne coule pas. C'est que mes substances me calment. Si j'essais de tenir un jour sans ke, je dois prendre des calmants pour ne pas pleurer toute la journée et me scarifier. Je suis fatiguée, extrêmement fatiguée, épuisée. A vif, je perds le goût de tout, je recommençe a perdre le rire, la patience. Sans rien pour me calmer je suis digne de ma psychose de cet été. Le combat contre la depression. Je ne dors plus calmement je me lève la nuit, me reveille souvent, me force à rester dans mon lit pour ne pas me lever trop tôt et déranger. Je cauchemarde, si les insomnies reviennent sous peu c'est très mauvais signe, très très. La seule chose qui me fait tenir debout c'est les substances. J'essais de bien paraître mais de plus en plus compliqué. Pourtant pas encore de pensées suicidaires, quelques unes de temps en temps, assez souvent juste des reflexions, mais pas encore le retour de mon impulsion de mort de cet été. Juste des méditation d'une envie violente de mort sous peu, la crainte qu'elle arrive.  Je sais pas combien de temps il me reste encore avant l'hospitalisation. Avant de plus pouvoir tenir. Pourtant je veux pas foirer mon année je veux pas rater mes cours, mon deuxième semestre arrive, mais j'dois retrouver de l'énergie. Ca me foutrait en l'air de louper ça pour aller à l'hopital. Je me vois inévitablement sombrer, les hauts et les bas c'est fini, là j'entre dans une presque mortification de ma volonté, detournée à des fins perverses.
A voir, j'ai encore l'occasion de me battre rien n'est perdu. Mais je suis si fatiguée. Pas encore l'hopital... :/ Que faire? A l'hopital ils vont m'envoyer en desintoxication, en maison de repos ou en clinique psy specialisée des troubles addictifs anorexie ou drogue. J'ai 18 ans, j'sors d'une clinique depuis sepembre, déjà un retourner, deux fois en si peu de temps, ... ça serait profondément traumatisant.
J'ai plus de psy.
Ou je parle à quelqu'un de mon état, ami ou autre et j'essais de demander qu'on m'aide ou j'me demerde seule ou je pointe aux urgences, je sais pas quoi faire... :/ j'ai plus envie de rien faire et ça c'est pas bon.

dimanche 25 décembre 2011

Yann Tiersen - 7pm

Le poids redescend, la nourriture s'évapore de plus en plus, même un repas devient un combat, oui après quelques mois de purge, maintenant il n'y a plus rien à purger, les phases de ma maladie sont variées mais répetitives, je suis redevenue l'hyper-restrictive qui ne peut plus rien avaler à cause de l'anorexie tout court et mentale aussi. Car la lutte contre la faim c'est constant, la restriction c'est le quotidien de ce monstre, mais quand elle est vraiment enervée, elle a tellement réduit ton estomac que tu supportes plus rien, que t'as jamais faim. C'est une autre étape, qui vient et qui repart dans mon cas, puisque j'ai eu d'autres phases plus vomitives ces derniers temps.
Je repense à l'hopital, non je ne veux pas retourner en psychiatrie, j'en ai fais des cauchemards pendant des mois à ma sortie, la nuit je ne voyais que ça dans mon sommeil, je me levais tôt, j'étais presque robotique, j'ai mis quelque mois à retrouver mon identité et à cesser d'être assistée par les gens qui m'entouraient. Je suis tiraillée entre l'envie de perdre du poids et la crainte de rater mon année en retournant à l'hopital à cause de ça, plus je me regarde dans le miroir et plus je me dis que si je perds trop je finirai pas avoir une sonde, et j'veux pas. Je réussis plutôt bien à la fac sans trop me tuer au travail, ça me plait, j'veux finir ma première année, passer en deuxième, valider mes deux semestres, j'veux m'épanouir, trouver quelqu'un qui pourrait m'aimer et me redonner confiance en moi même, en la vie. Je sais que tout ça est réaliste et non pas fictif comme je l'ai souvent cru, c'est juste que je m'en eloigne avec tout ça, comment avec cette putain de maladie je peux attirer des gens? J'ai rencontré pourtant des personnes formidables, mais ma tête bordel, elle est nulle.
Mon corps s'habitue trop à la Kétamine, j'dois augmenter les doses pour ressentir les effets, voila comment on remplaçe une toxicomanie par une autre, moi qui me vante à qui veux l'entendre que je ne bois plus une goutte d'alcool, que je ne prends plus un seul cachetons. J'me remplis de ketamine tout le temps, tenir une semaine sans, ça m'est arrivé qu'une fois, là j'ai tenu trois jours, quel exploit! Je dois retrouver l'esprit, je suis quelqu'un et j'ai le droit de vivre, d'accomplir des choses, et l'autodestruction ne mène à rien, elle ne fait pas avançer, au contraire je recule depuis des années, c'est triste à réaliser mais j'ai gâché tellement de temps à souffrir, et cette hospitalisation ne m'a même pas servit de leçon je recommence. J'ai beau passer mon temps à faire de belles promesses, à avoir de bonnes résolutions, je n'y arrive pas, une partie de moi refuse toujours d'aller de l'avant et me tire en arrière sans cesse, je suis coupable je sais que je manque de volonté, que je ne rêve que de croupir dans ma pourriture et je me sens encore plus coupable de ressentir ça, de penser ces horreurs, de m'entrainer seule vers le gouffre. Pourquoi je fais ça? Pourquoi je me refuse à la vie? Pourquoi je me fais tant de mal, je me complais dans cette torture qui me satisfait autant qu'elle me déchire le coeur.

Petite fille, je suis une petite fille, je veux être une princesse. Je voudrai être l'enfance que je méprise chez les enfants car quand je les regarde ils me répugnent, d'être si naifs alors que moi je ne suis plus eux. Je suis une enfant, je le sais, je ne grandirai pas, je n'en ai aucune envie. Je suis une enfant au corps d'enfant, les gens me traitent comme une enfant et ça me satisfait. J'ai cru que j'étais une adulte, cette adulte on l'a brisé, souillé, on lui a fait du mal durant tant d'années, on la trainé dans la boue en l'humiliant. Cette adulte on lui a brisé toute confiance en elle alors qu'elle était en pleine adolescence et qu'elle n'en avait aucune, on lui a dechiré chaque parcelle de rêverie. Cette adulte on l'a rabaissé, on l'a evinçé, on l'a manipulé à des fins perverses. Cette petite fille on l'a forçé à être une adulte qui se tait, qui garde le silence par maturité, responsabilité. Cette petite fille on l'a forçé à être une adulte qui veut bien se porter coupable de tout pour ne point emettre de jugements hatifs sur autrui. Cette petite fille on lui a cousu les lèvres pour qu'elle ne puisse pas exprimer ses opinions, pour qu'elle n'ai pas envie de les exprimer, on lui a imposé un désir qu'elle n'avait pas, cette petite fille on l'a touché avec des mains sâles et perverses, on a brûlé sa chaire afin qu'elle se sente putride à jamais, on s'est delecté de sa peau et de son corps pour qu'il se fige dans l'enfance, dans l'adolescente qui ne grandira pas. Et elle cultive l'enfance par le corps affamé qui s'autoronge pour ne laisser apparaitre aucune forme de femme. Cette petite fille avale et avale des produits qui lui font arrêter de penser comme une adulte, pour arrêter de penser tout court et de se souvenir qu'elle a mal, et que c'est sa faute, que ça sera toujours sa faute.
La psychologue a la clinique, elle m'a fait écrire une lettre (à l'innocent), et je savais pas quoi lui dire, j'avais rien à lui dire, c'était trop dur de l'accuser et trop simple de m'accuser mais je voulais et je veux toujours un coupable, et personne ne veut m'en fournir un alors moi je le fais, avec la personne que je vois tous les jours et que je peux punir, je suis coupable, je dois être punie.


edit: j'en ai marre de m'attacher à des gens qui me font du mal inconsciamment, qui utilise des tons qui me brisent le coeur, qui me traitent comme une poupée de chiffon. J'ai trop mal d'avoir ouvert mon coeur et de me frotter à des statues de glâçe. Parano peut etre mais moi les changements d'humeurs ça me mets dans tous mes etats, ça me bouleverse, mais j'vais me contenir comme d'habitude même si j'creve d'envie d'me scarifier, d'me faire gerber, d'expier ma colère et mes larmes par la destruction.