dimanche 20 février 2011

Petite Princesse, mais le rose obscurçit trop vos yeux, sous mes paillettes se cachent haillons et saletées.



Je suis la princesse du royaume des glaçes, debout dans le froid le corps livide, l'air absent, le regarde vide, le visage terne. Mes habits sont colorés, mon humeur est sombre, je suis un paradoxe, mais ils ne voient rien, tant mieux ou tant pis? Dois-je m'en réjouir ou en pleurer? Je l'ignore. Chaque pas que je fais est un pas lourd, la démarche difficile causée par l'excès de masse corporelle, un excès hallucinatoire puisque dysmorphie. Mon poids commence par 3, théoriquement je ne devrais pas être grosse, mais je le suis, c'est ainsi. Chaque fois que j'avale, c'est comme un couteau qui me laçère le corps, je retiens les larmes pour eviter le ridicule. J'ai déjà pleuré d'avoir mangé mais on ne m'a pas comprise, on a tenté de me réconforter, mais... on ne m'a pas comprise. Je ne suis pas l'héroïne d'un film dramatique, je suis une adolescente comme une autre, ou presque... puisqu'étrange, puisqu'objet de foire, puisque curiosité humaine. Je m'en fiche. Ma différence est presque devenue une force avec le temps, mais ultime combat, mon corps lui... Je me bats pour me foutre du regard des autres mais voila que c'est mon regard qui dirige ma vie, mon regard faussé de jeune fille folle qui voit, inanimée son corps gonfler, grossir chaque jour bien que la balance dise le contraire. Je n'en parle pas trop, ça n'intéresse pas les gens, c'est certain ils ne savent pas quoi faire, comment réagir. Qu'aurais-je fais à leur place? Moi même je ne sais pas, j'aurais sûrement réagis comme eux. On ne sait pas quand on ne le vit pas. Je suis leur princesse, c'est mignon, c'est touchant, je me sens comme une fée parfois avec eux, ils pourraient presque me renvoyer une bonne image de moi-même, mais je croise le reflet de mes cuisses et mon royaume s'effondre. Princesse des glaçes a froid, elle n'a pas assez mangé aujourd'hui, comme tous les autres jours. Elle sourit par ce qu'elle veut paraître heureuse, par ce qu'il n'y a pas que son poids dans sa vie, par ce que les autres méritent une place, qu'ana n'est pas la reine. Mais Dieu qu'ana est un piège, par ce que l'amour que je lui porte est sans borne, par ce qu'il ne s'explique pas, par ce qu'elle est viscérale, charnelle, par ce qu'elle m'habite, m'anime et m'exalte, pour mieux me laisser crever de froid, allongée au sol, tremblante et épuisée. Elle veut me voir sombrer, et je l'implore de me tuer doucement, pour faire durer le plaisir. Dans ma tête je lui parle, comme à un dieu, je touche mon bracelet, fais des prières en silence, c'est intrinsèque. C'est moi, elle est moi, et je veux lui faire honneur, je lui offre mon corps, sacrifice humain. Bien que priant qu'elle se désagrége de mon esprit et que ma vie continue sans que je me rappelle l'avoir idôlatrée. Je l'aime mais comme en amour, elle me fait du mal mais je ne peux cesser de l'aimer. Elle veut que je sois belle, elle veut me rendre attirante, mais aux yeux de qui? Qui pourrait désirer une jeune fille au visage terne, aux yeux vides, au sourire absent, le corps tremblant et sans formes dont le contact glaçé n'est qu'un heurt à des os? Personne, mais il n'en est rien, je le fais pour moi et pas pour les autres. Bien que j'ai peur, oui j'ai très peur de la tournure que peuvent prendre les choses. Elle se plait à me rendre folle, elle veut que je me détruise, c'est son orgasme à elle, à ana, je la fais jouir. En échange, elle m'apporte l'ivresse de la faim, mais celle-çi est ephémère et devient vite la dépression de la faim. La faim qui épuise, qui attriste et devient insupportable, qu'on s'inflige sans trop savoir pourquoi on continue de ne rien avaler, de refuser la bouffe. On se voit crever et on sait pas pourquoi on veut pas, on peut pas s'arrêter.
Le desert de glaçe, il est immense, au loin, la banquise, de la neige et encore de la neige. Je m'y enfonce, doucement, à pas feutrés, sans faire de bruit, sans pleurer, sans gémir, sans hurler. Le coeur battant, très vite, puis très doucement. Personne ne le voit, mais le voyage dure depuis déjà longtemps, et mes habits chauds ne sont plus que haillons, il fait de plus en plus froid. La princesse meure en sont royaume, elle attend, elle veut mourir maigre, alors en attendant, elle agonise.

vendredi 28 janvier 2011

La soundtrack de Dog Pound est absolument magnifique

Débutons, parlons, Dog Pound, pour une fois que je ne débute pas par moi même, ma vie, sâle égoiste. Ce film, j'ai voulu le voir, je l'ai vu et je ne crois pas regretter un seul instant. Par ce qu'il me hante littéralement depuis, aucun film ne m'avait fait cet effet auparavant. Oui c'est peut être fictif, mais après tout c'est le reflet de la réalité, de la mienne, de la votre, et vraiment, ca m'a prit aux tripes. La musique est sublime. Je l'écoute en boucle et je n'arrive à rien faire d'autre.
Mon corps s'en va, il me lâche, revenons-en au fait. K-Tramadol, 0 kilo(s), pour tous les anti-héros. Mon corps, il s'épuise, de vertiges en vertiges. C'est comme si j'étais raide stone, comme si j'avais fumé et fumé des joints et des joints, les mêmes effets, mais je n'ai rien fumé que des cigarettes, et la faim me défonce, et la durée de cette phase aussi. Mon corps il est gros, trop gros, gros GROS GROS GROS GROS. Mon estomac se rétrecit je le sens, au niveau des repas, un repas par jour me semble déjà trop, mais je n'empêcherai pourtant jamais la faim d'hurler dans mon existence, je sais, on ne peut pas lutter contre elle. Du moins pas encore. Je me laisse mourir, mes rêves s'envolent alors j'ai décidé d'arrêter de me battre pour l'instant je laisse ana me dévorer sans remettre en doute le danger dans lequel je me mets, par ce que oui je sais, c'est dangereux, mais je suis aveugle, je ne vois rien, je ne vois plus ma fatigue. Putain de maladie, si s'en est une. Je me refuse tellement de plaisir, au nom de la minceur fictive, de la rachitique febrilité superficielle. Stoicisme, je me refuse d'avoir mal, d'avoir faim, de vivre. Je me refuse le plaisir, manger me dégoute, par ce que je trouve ca honteux. Je me refuse beaucoup de chose à vrai dire. Que vais-je faire? Depression adolescente, puisque nous n'allons jamais bien, nous les jeunes. Je ferme les yeux, musique dans les oreilles, c'est comme si cette vie était à mille lieux de la mienne, je me laisse souffrir au nom de la souffrance humaine, tous les maux m'assaillent, non je ne sauverai pas l'humanité. Mais pourquoi? Je veux m'écrouler, au nom de l'humanité, souffrir, pour ceux qui souffrent, mon problème, mon déni, intrinsèque et au delà. Tout moi... c'est rien. J'veux faire tout pour les autres, par ce que je ne sais pas pourquoi moi je souffre, je veux rien voir, rien comprendre j'm'en fouts j'veux pas savoir ce qui me fait mal. Alors autant servir de martyr humaine, bombe humaine. Plus tard j'ai des rêves qui, presque les seuls ne s'écroulent pas, malgré tous ceux qui s'effondrent, j'voudrai faire quelque chose de grand, pour le monde. Que les gens ne soient plus malheureux, ils méritent le bonheur, tous. Que les violents, les gens ayant commis des atrocités... qu'on les aide, pour comprendre ce qui les a poussé à faire ça, qu'au lieu de les enfermer dans des endroits qui les rendent plus violents encore, on cherche à les aider, pour qu'ils n'aient plus envie de recommencer, non pas par peur de la prison, mais par ce qu'ils n'auraient plus le besoin de recommencer, puisqu'ils iraient mieux.
Si moi j'en crève, si moi je vais mal, les autres... ils doivent continuer d'aller bien, je dois pas être si misanthrope que ça, je hais tellement de gens, mais malgré tout, j'veux pas que le mal envahisse le monde. Les gens sont cons, par ce qu'ils vont mal, le monde va mal, et j'pense qu'on est tous foncièrement bon, j'y crois. Je suis naïve. Parano mais naïve, en totale contradictions.
Et la nourriture... je ne l'assimile plus cette putain de nourriture, ana n'est qu'une salope, mais je dois maigrir, par ce que je suis grosse, oui à 38 kg je suis grosse. Vous savez, j'aurai du faire attention, après toutes les mises en garde qu'on m'a faite, je suis tellement bornée que j'ai rien ecouté. On m'a prévenue un peu tard certes, mais là il est encore plus tard, et chaque jour elle m'assassine. Mais j'ai tant de chose à faire, pourtant elle me détruit et me donne l'impression qu'il ne me reste rien, que j'devrais crever bientôt; me laisser mourir pour elle. C'est ce qu'elle voudrait, bien qu'elle ne soit pas humaine, qu'elle ne se nomme pas Ana mais Anorexie Mentale et qu'au fond de moi, je refuse totalement cette appellation, je suis trop grosse pour être malade.

jeudi 13 janvier 2011

Tu sais, je ne vais pas bien et ma vie ne tient à rien

J'ai porté en marchant, le poids de mes erreurs, le poids de mon esprit, de mon désespoir. J'ai hurlé en silence, en secret, des heures et des heures, des jours et des jours, des années et des années. Le venin coûle dans mes veines, je marche sereine, les gens sont aveugles, je pourrai mourir tellement de fois de l'intérieur, jamais ils ne verraient rien, illusion malsaine, c'est ce que je désire. Je ne voudrais pas qu'on sache, je me complais dans ma souffrance solitaire, partager ma douleur ne l'apaise pas en somme alors s'il faut vraiment le faire par éthique je le fais, mais jamais je n'ai eu l'impression d'être un temps soit peu déliberée. Désalienée.
Loin de moi la dépression, plus proche pourtant que jamais, je m'habitue à sa présence, mais croyez moi il y a des avantages aux troubles de l'humeur, c'est que quoi que je ressente, cela ne dure jamais bien longtemps. Rire, j'en suis capable, pleurer aussi, et cela en l'espace parfois de quelques minutes tout au plus. J'ai voulus canaliser mes émotions, frustrée d'être leur esclave, je refusais de laisser mes affects bousiller ma vie, non-soignée je me sentais aller de depression en phase maniaque, le corps et l'esprit affaiblis au possible. Peut être qu'en voulant garder le contrôle j'ai jeté mon enveloppe corporelle dans le vide. Les gens... les gens, il faut toujours parler des gens, ces gens qui ne cessent de dire que j'ai changé, que je fais des efforts, que j'ai changé en bien. Je me suis calmée paraît-il, je n'ai changé en rien, je n'ai rien accomplis consciamment, je ne sais pas vraiment ce qu'il c'est passé en fait. J'essais aussi de me proteger il me semble, avant j'allais vers tout le monde, joyeuse et excentrique, on m'a dit il y a peu que maintenant je semblais renfermée, inapprochable. Je ne suis pas un monstre... Entre ceux qui disent que je suis mieux et ce qui me regrettent, ... assise, je suis assise.
Plus le temps passe et plus des souvenirs se bousculent dans ma tête, je n'avais jamais pris la peine de penser, aujourd'hui je me rend compte qu'aucun souvenir ne m'est agréable. Toutes les sensations qui m'assaillent en sorte de choc électrique parfois sans raison, en cours, sont toutes désagréables, insupportables. Des sensations ... ecoeurantes. La honte à vrai dire, parfois plus, parfois de la melancolie, pas celle que le langage commun utilise, la melancolie Baudelairienne, la bile noire, l'humeur noir, la depression chronique, le spleen, la rate.... ca fait mal au cerveau. Mal à l'intérieur. Et j'ai souvent envie de fuir ces souvenirs, à coup de cachetons. Mais ca serait trop facile, deux ans de lutte, pas pour rien, ils ne me prendront pas tout. Entre le manque de calmants, le manque d'anti-douleurs, de scarifications, de morsure en crises de larmes, de crises d'angoisses en crises de nerfs mon corps a trop tremblé. Je vis dans le passé, c'est vrai tout me suis à chaque seconde. Je transporte à chaque pas une immense valise remplie des mes plus belles insalubritées, de mes plus vivaces douleurs physiques et mentales. Je marche et je pense à la nourriture, je marche et je pense à ce jour d'été, je redécore l'entrepôt abandonné en me visualisant sa disposition... c'est très malsain j'en suis consciente. Je rentre dans mes toilettes et l'odeur de parfum me rappelle mes purges, mon tapis, mes genoux le sentent. Je ne dois plus vomir. Je regarde mes bras en repensant aux marques. Je prends mon porte monnais et je revois les lignes de poudre blanche sniffées sur lui. Je vais dans mon lit, je regarde ma poubelle où j'avais entassé les boites vides et les flacons vides de méthadone. Je suis à l'ordinateur, et je me vois prendre un petit cacheton en continuant de "surfer sur le net". Je vais faire cour, je ne vous inflige pas tous mes souvenirs, ils relatent de toute une vie. Et dire que tout ça dans quelque mois sera très loin, où je serais l'année prochaine? Loin de ma chambre, de ma maison. Je n'eu pas passé que des moments agréables dans cette chambre, mais elle est mienne, la présence de ma famille dans la maison... même si je suis souvent seule, ils reviennent. Quand je serais partie... Je serai loin de mes amies, j'ai peur. Je donne un air assuré, mais au fond de moi je crève de trouille, en opposition à tous les autres "normalement" je devrais quitter le pays. Je suis aux anges mais j'ai peur.
Et si là bas ana décidait de me tuer?
C'est là que je prend conscience de toutes les amitiés que j'ai dénigré alors qu'elles avaient de l'importance, je voulais être indifférente, dure, mais il n'en est rien. Ils vont me manquer, sans eux je ne suis qu'une coquille vide, ils m'ont rempli, beaucoup m'on soutenu, malgré mes mensonges très peu on osé me dire des choses terribles. L'adolescence c'est vraiment une sâle période même si on peut vivre des choses magiques. Les adolescents sont perdus. Je suis carrement une sâle caricature extrêmiste de l'adolescente de base: fille "pseudo-anorexique", "pseudo-droguée", depressive, anarchiste, perdue... je vous passe les autres clichés. Ca fait beaucoup rire d'ailleurs, les gens sont parfois presque outragés du cliché que je représente, je suis votre miroir mes chers amis, vous refusez juste de voir en moi ce que vous avez honte de voir en vous. Ouvrez les yeux, vous aussi vous êtes détestables, on l'est tous, et on le sera toujours tous.
Et je me rapelle la peur au ventre des murs que je frôlais les yeux fixant le sol, les épaules repliées. Son regard injecté de rouge, ses lèvres bombées. Les larmes versées matin et soir, peur de me coucher pour devoir me reveiller chaque matin. Peur de ses mains qui m'enserraient le cou, peur de la manière qu'il avait de s'amuser de m'entendre hurler de douleur quand lui me tordait les bras. Non il ne voulait pas me blesser, il voulait m'humilier en me laissant souffrir sans jamais cogner franchement. Qu'avais-je fais? Pourquoi s'en prenait-il à moi? Pourquoi les autres riaient? Je déteste les autres par ce que je n'ai plus jamais cessé d'avoir peur d'eux, ils ont ri alors que moi je voulais qu'on m'aide. Et si un jour, seule je l'avais croisé, qu'aurait-il fait? Vous n'avez aucune idée de quel imbécile il était et les autres aussi, vous n'avez jamais regardé le regard qu'il avait, celui de la connerie, malpropre. Et j'ai tellement detesté être moi, j'aurais tellement voulu être une autre, par ce que j'étais leur cible à tous. Les rires sont plus blessants que toutes les insultes, comment j'ai tenu bon, j'ai honte. J'ai trop honte de dire tout ça tellement honte que j'ai sûrement apprecié mes autres douleurs presques moins honteuses que celle çi.
Et aujourd'hui je ne sais même plus m'alimenter normalement, comme si ça allait tout effaçer de souffrir pour autre chose, je suis une bombe a retardement, et j'ai honte de vous dire que ce matin, j'ai sérieusement envisagé de me jeter de la balustrade, en plein cour.

jeudi 30 décembre 2010

Skinny, all my monsters singing, SKINNY



Je me sens seule, seule face a mon miroir, seule face a ma balance. A chaque fois que je rentre dans mes toilettes, l'odeur de parfum me rappelle quand genoux au sol je recrachais mon desespoir. Mes parents s'inquiètent du peu que je mange, mon père croit que je deviens anorexique, il n'a pas tord, mais il y a combien de temps aurait-il du faire ce constat? Il est trop tard maintenant, le temps c'est écoulé sans aide. Seule face à tous. C'est un peu l'impression que j'ai. Je mens, je mens chaque jour quand je pretends ne pas avoir une grosse faim a table, je mens quand je souris et que je rigole comme si tout allait alors qu'en fait je crève de douleur. Je mens quand je dis que j'ai trop gouté et que je ne pourrais rien avaler ce soir. Je vous mentirais si j'assurai que je n'y prends aucun plaisir. C'est faux, pas tout le temps mais souvent il en résulte une certaine satisfaction, souvent teintée d'amertume et de culpabilité malgré tout. Par ce que je ne serais jamais fière de ce que je fais, au contraire je le porte comme une honte dont je ne parle à personne j'ai honte, parfois j'ai l'impression d'inventer tout ça, de faire semblant et qu'on va se moquer de moi. Par ce que je n'ai aucune preuve de ce que je vous dis aucun medecin ne m'a balançé dans la gueule que j'avais un trouble du comportement alimentaire, ana.. c'est tout ce que j'ai. Ana c'est le seul mot que je n'ai pas peur d'utiliser pour vous parler de tout ça. Ca... ce truc , cette chose. Ma vie.
Je me sens seule et deboussolée, j'ai l'impression que je n'ai aucune valeur pour mes amies, c'est sûrement faux mais j'ai de gros soucis avec la paranoia, je suis le genre de personne qui en soirée garde son sac sur l'épaule même si elle connait tous les gens présents. J'ai même fais le cauchemard hier soir que je laissais mon sac dans un couloir et que je ne le retrouvais plus, il n'y a rien d'important dans mon sac... enfin si mais pas tellement c'est surtout que c'est ma possession et que sûrement que le fait de mentir aux gens m'a fait developper un instinct de protection animal, me proteger des autres, de mes sentiments, de ce qu'ils pourraient me faire ressentir.
Je suis fatiguée, fatiguée de vivre pour mon poid, de vivre avec l'espoir malsain de perdre toujours, de fuir tous les repas. Une personne au régime dira qu'il ne faut pas sauter de repas, qu'il faut manger sainement qu'il faut faire du sport et manger equilibré. Moi trois repas par jour j'en fais des crises d'angoisses, au moins je mange au mieux je me porte, sauf qu'au moins je mange et au moins je veux manger, tout me semble trop, tout me fait peur et même le fait de manger une salade et une pomme me semble un repas trop copieux. Et plus je perds et plus je me trouve grosse, plus le temps passe et moins je supporte mon corps. Corps qui pourtant est l'objet de la convoitise de bon nombre de mes amies, j'aimerai l'aimer ce corps mais je ne peux pas je n'en vois que les defauts, je ne veux que ce que je veux voir, la graisse imaginaire, je suis consciente du pathétique, mais mes yeux ne changent pas leur vision.
J'ai toujours l'impression de pas être normale, un monstre. Je n'arrive pas à m'ouvrir aux autres. Je me sens seule par ce que j'ai peur de sortir de chez moi, et pourtant je déprime de rester chez moi. Le week end je voudrais sortir mais je me deteste tellement que j'ose pas appeller mes amies pour faire un truc, par ce qu'a mes yeux que je les ferais forcement chier et ma présence est une horreur, un calvaire. Si elles sont mes amies j'essais de me dire qu'elles doivent m'apprecier mais je n'y arrive pas j'ai toujours l'impression qu'elles se forcent qu'elle restent avec moi par pitié et que au moins je suis là au plus elles sont heureuses. A ca c'est sûr pour le coup je suis pas collante, mais terriblement seule. Je me donne une allure indifférente, j'essais de faire genre j'm'en fouts, mais Dieu que j'en chie. J'arrive plus a sortir, par ce que je me sens hors contexte, j'ai rien a leur dire à tous que des trucs tristes. Je veux pas leur dire des trucs comme ça, et puis si c'est pour faire des sorties entre potes et devoir manger oulala. J'veux pas leur en parler, du moins pas maintenant, j'ai trop honte.
Honte de moi, de ma vie. J'ai honte de tout. J'ai honte de mon passé, de mon présent. J'me hais et j'ai l'impression de pas pouvoir sortir la tête de l'eau, jamais. Le suicide ... j'y pense assez souvent, mais j'essais toujours de trouver des envies, des rêves pour me donner l'envie de vivre, j'en avais des rêves, a la masse... aujourd'hui je les vois s'écrouler les un après les autres. Je garde l'espoir, par ce qu'au fond de moi je veux me sortir la tête de l'eau, être heureuse.
STARVATION IS CONTROL. I want to feel my bones.

Ana me tue et me hante. Je l'aime bon sang que je l'aime. Et putain que je la déteste. Elle a détruit ma vie, et dans un sens pourtant tout ce qu'elle m'apporte est tellement immense, à côté de la solitude que je m'inflige. Je suis bipolaire et me voila dans une phase depressive, je prefere encore les phases maniaques, quand le monde m'appartient. Mais il ne m'appartient pas, jamais. Parfois je me dis... pourquoi ne deviens-tu pas toxicomane? Je veux dire, stade avançé. Euthanasier ses problèmes à coup de drogues durs, oublier la réalité, la nullité de mon existence, je ne serais plus jamais seule si je pars mourir dans un squatt, serais-je plus heureuse? Non... mais le bonheur existe-t-il vraiment? Non. Le bonheur se résulte à quelques instants magiques, mais il est ephemere et je n'arrive pas à me faire a l'idée, peut être ne devrais-je jamais me faire à ce monde? Et si je m'échappais de tout ça tout en restant en vie? Et si en perdant le sens de ma vie, je ne lui trouverais pas un sens logique profond, intense.
... en attendant je réflechis. Je dois maigrir de toute façon, cela sonne comme une évidence même si c'est ana qui le dit.

dimanche 28 novembre 2010

Ficelle ses mains sont liées, comme celles d'un forçat.

Ana, casse toi.
Pars je t'en pris, ne reviens pas. C'est quoi cette lubie de se laisser mourir comme ça? C'est quoi le truc de plus manger? Je comprenais rien à ça avant, pire, je jugeais. Devenue juge puis bourreau mais aussi coupable j'ai ma tête sur la planche, j'attends que la guilottine tombe, le coeur battant. Dans l'fond j'ai pas vraiment envie d'mourir, pas à 17 ans, pas dans ces conditions. Pas comme ça non. Alors de chamade en chamade mon coeur s'exalte puis se neurasthénise et je survis tant bien que mal à ces sordides fluctuations. Allongée, sans force je ne réflechis même plus au fait que ce lit pourrait devenir ma tombe, que la balance deviendra linceuil. Defonçée comme sous stupéfiants, parfois mon sang est pur, peut être trop, ça m'fait voler de rien manger. Mais le bonheur et la jouissance... rien n'est plus distinct. Jouir ce n'est pas être heureux, le plaisir ce n'est pas le bonheur, c'est un pic, une élevation subite qui redescent plus fortement encore à chaque fois, par ce qu'a son côté ne reste que la destruction, le chaos. La gorge nouée. Comment respire-t-on? J'oublie. J'ai faim, je mange, je suis sâle. J'ai faim, je mange pas, allongeons nous, sur le divan, ne parlons pas. Le divan est un mirage mes amis, le divan n'existe pas. Le divan est ma balance, mes émotions se libèrent quand le cadran annonçe un chiffre à mes pieds. J'écris, j'écris mais ne dis rien, terrant mon silence sous des sacs plastiques de graisse imaginaire. Je suis lucide, ce n'est pas que ça. La maladie du poids, la maladie du futile. Mais pour mieux comprendre on doit se plonger dans sa souffrance et moi je suis lâche, j'en suis incapable. Alors je vais anorexiser mes peines, ana ana ana ana. Ca n'apporte rien, mais comment s'en defaire. Association à une phobie, exactement, la guérison c'est une phobie. Je suis effrayée. Sans elle je n'ai rien, plus rien. J'y pense, aux seringues, elles sont loins, étrangères, mais sans ana je ne vois qu'elle. Je sais tellement bien me faire du mal alors pourquoi m'en priver?

J'aurai aimé naître saine, mais je suis sâle, putride, et la cause est cachée, je n'sais pas. Psychisme defaillant. Si je songeais à l'hypnose, aurais-je envie de bonheur ensuite?

K TRAMADOL

samedi 13 novembre 2010

Dis moi? Dis moi comment empêcher qu'il n'arrive des malheurs?



Les gens naissent, evoluent, se reproduisent et meurent. Ce sont des cadavres en puissance puis des cadavres en acte.
Moi je m'apprête à devenir un cadavre en acte, mais méthaphoriquement parlant. J'aime la maigreur, je l'aimais bien avant de ne plus vraiment manger, les filles osseuses me fascinaient, par leur beauté froide et fragile. Je trouvais ça terriblement bouleversant. Voila que me sens terriblement mal, pour une malheureusement boule de glaçe. Double personnalité, agitée par une voix qui lui sussure de ne pas manger, une voix agressive et effrayante qui ne cesse de lui repeter qu'elle doit se peser, qu'elle doit sauter des repas, qu'elle doit maigrir. La nourriture est mauvaise. Tout ça par ce qu'elle a perdu le contrôle un jour... elle est condamnée à tout contrôler jusqu'a en mourir. Vous savez quoi, j'en ai marre d'me mentir, de mentir aux autres, on sait tous pourquoi ça a commençé, le leurre est terminé.
La bouche ouverte sur ce qui fait de lui un homme, ravalant les hauts le coeur qui lui traversent la gorge, elle donne l'illusion d'être heureuse, sentant ses mains immondes lui parcourir le corps, se rappellant de ça comme d'un "rêve". Bad trip, bad dream, bad... day. Elle se rappelle lui avoir tourné le dos, à tout jamais elle garde le dos tourné à la vie, c'était trop douloureux pour elle. Et ses yeux derrière elle, un lâche. Depuis la gamine refuse de s'alimenter, ecoeuré elle garde le gôut en bouche, et puis son corps la repugne, surtout ses cuisses, c'est à se demander pourquoi. Elle a voulu jouer, et elle n'a eu que ce qu'elle méritait. Si c'est pas désolé de faire du benevolat à quinze ans, c'est un peu jeune pour tout accepter sans broncher. Surtout quand intérieurement on hurle non, sans qu'aucun son ne puisse sortir.
Sombre conne se laissera crever de faim, puisqu'apparement elle ne sait faire que ça de bien. Et puis, franchement vous devriez la sauter, la pauvre, elle a des vertues croyez moi. Je vous garantie qu'elle sait très bien si prendre, elle mange pas mais Dieu qu'elle suce bien. C'est 60 euros au cas où vous vous demanderiez le prix. Après, pour 40 euros de plus, elle peut même ecarter les jambes. C'est une promotion, profitez en bien, ça sera pas tout le temps si bradé!
Je crois que j'vais arrêter de croire à l'amour, et que j'vais plutôt croire en l'argent. J'en ai marre de souffrir pour la même chose, on va trouver d'autres souffrances, ça changera un peu.
Desesperanorexia. Je vais me doucher et me peser, comme tous les jours, ma balance est devenue maitre de ma vie, de mes affects, mon bonheur et ma tristesse dépendent presque uniquement d'elle.

K.TRAMADOL

dimanche 24 octobre 2010

Le silence n'est qu'un bruit que l'on entend sans écouter.

Pourquoi ne se passe-t-il pas un jour sans qu'il n'y ai un pseudo-drame? Chaque minute defile avec un gôut d'eternité, je me refugie dans ma chambre pour me proteger... me proteger de desaccords ou de hurlements. Elle met ou trop ou pas assez de coeur à la tâche, rien ne me satisfera jamais, les tensions sont trop lourdes ma chère Maman et nos journées ne sont que des longs bals masqués où nous cachons nos visages pour mieux nous donner l'impression qu'on y voit clair. On voit les masques et on a conscience qu'ils ne sont que des superfuges mais on s'échine à se dire que c'est mieux pour notre équilibre, que le mensonge est plus raisonnable que toutes les veritées. C'est vrai, quand la réalité surgit c'est toujours douloureux, la maison tremble d'une lourdeur devastatrice, accablant l'oxygène, qui s'echauffe plus et plus de nous axphyxier. J'ai le mal de vivre, de vivre ici et pourtant dans un sens j'ai aussi peur de partir. Mon postérieur disgracieux, entre deux tabourets de bois lustrés souillés de gerbe, ne sait sur quelle saleté s'asseoir. Le silence me fait mal à la gorge, de ne plus parler j'en deviens névrotique, angoissée. Rien ne sort et c'est sûrement pour mieux que le Monde me ronge de l'intérieur. J'aimerai profiter de la chance que j'ai de vivre dans un pays libre, mais je ne suis pas libre, et plus je pars plus ma chaine intérieure me retient en me détruisant. J'écris des drames sans importance, tout en gardant les yeux ouverts sur un écran qui tremble, carences oblige, sûrement ça.
J'aimerai être consciente de l'amour que me portent mes parents, mais je n'en suis sûrement pas digne, j'en ai la preuve formelle, puisque loin d'être surprise j'ai découverts des anti-depresseurs chez moi, mère ou père? Ou les deux qui sait, je savais que j'finirai par les détruire, le Monde ne tourne pas autour de moi, mais j'ai l'impression d'être un facteur, rien que pour ça... j'mérite pas qu'on m'aime. Ana... cette chère Ana pourtant elle m'aime et j'avais comme l'impression qu'elle me rendrait meilleure. J'pensais qu'elle me donnerai de la force, de la combattivité, du courage, de la determination. Je penserai qu'elle me rendrait sûre de moi, belle et attirante. Qu'elle ferait se dissoudre mon dégôut vis à vis de mon corps. Mais il n'en est rien de tout ça. J'ai cru qu'en m'améliorant, qu'en essayant de me redresser physiquement parlant, le psychique suivrait mais tout n'est que question de surface. Le futile et le superficiel ne rendent pas heureux, ils apportent une saveur différente au bonheur, quand on en est déjà conscient mais ne changent presque rien, le plus important changement c'est dans la tête qu'il doit s'operer. Excusez moi ma tête est malade. J'dois quitter ce lieu malsain, mais partir ce n'est pas fuir ses problèmes c'est juste leur faire changer de paysage, et si on me laisse toute seule face à eux, vont-ils me faire plus de mal qu'ils ne m'en ont jamais fait? Sont-ils capables d'encore plus de violence?
Le silence n'est qu'un bruit que l'on entend sans écouter, mais c'est un bruit, et il signifie, il se signifie lui même, de part son calme presque nerveux, de part sa lourdeur parfois intense. Il faut l'écouter, ce silence qui veut tout dire. Et si ma psychiatre écoutait le silence que mon absence en face d'elle impose, elle saurait qu'en réalité j'ai decidé de ne plus la voir non pas par ce que j'allais mieux, mais par ce que j'avais mal de lui parler de futilitées, que j'étais bouleversé de ne rien dire, que mon silence incomprit souffrait et que mon corps se mourrait en cachette.
POINT.

K. TRAMADOL