mercredi 6 avril 2011

Merci anorexie fine vipére, de m'avoir faite loque, d'être devenue errance

On dit que celui qui fait couler tes larmes ne te mérite pas. La nourriture ne me mérite pas.


Ana a crée un monde, tout un univers illusoire où je suis prisonnière. Je m'y suis jetée croyant au paradis mais ce lieu n'était que le reflet d'un enfer malsain, perfide, une illusion. Quand j'essais de m'enfuir, elle me rattrape et d'une force incroyable me fais regretter ma tentative et quand cela arrive je me retrouve pliée en deux de douleur, une douleur viscérale qui me donne envie de hurler, une mutilation psychologique qui m'assassine.
Ana m'a faite croire aux apparences, à l'existence d'une perfection ultime faite de contrôle, de maigreur et de famine. Elle m'a fait croire que le pûre était dans la destruction et qu'elle allait m'apporter plus de bonheur que jamais je n'aurai pu en avoir. Elle est comme une drogue, ou bien même une secte elle est pleine de promesses et toi tu y crois. Mais en fin de compte elle est une pièce sans fenêtre ni porte, sans échappatoire. Elle brisé mon esprit, m'a sucé les os jusqu'a la moëlle pour qu'il n'en reste plus rien. Elle me dévore de l'intérieur, se délecte de mon cerveau alors que moi anorexique je crie famine en dehors, elle, elle me mange.
Ainsi je m'écroule sans oser crier au meurtre, mais un jour j'aurai ma revanche, elle ne me volera pas tout, elle ne me volera pas la vie. Je l'espère.

dimanche 27 mars 2011

Un oiseau de plus, un oiseau de moins. Tu sais la différence c'est le chagrin.




J'en ai marre d'entendre les gens parler de régime autour de moi. Ils disent que c'est dur, à ben oui c'est pas si simple d'avoir faim. Sauf que vous, c'est provisoire et vous laissez pour la plupart tomber au bout de quelques jours. Des années que je l'endure ce "regime" perpetuel. Et c'est devenu presque normal. Quand je mange j'ai l'impression qu'un truc naze, ou étrange se produit, c'est contre-nature.
Parfois je me dis que c'est pas une vie. Oui ça n'arrive qu'aux autres, et quand on se rend compte que c'est tombé sur nous, on y croit pas. J'en ai marre de contempler mon corps et de me trouver grosse. Ras-le-bol géneralisé. J'vais essayer de perdre, perdre et perdre encore, j'espère que la chute finale sera spectaculaire, par ce que le seul moyen de sortir de ce cercle vicieux, c'est de se jeter de la falaise. Il n'y a pas de rémission possible je n'y crois pas, alors je veux que tout soit sublime, l'apogée de ma propre perte. Je veux une fin grandiose qui foutra les gens sur le cul, je veux qu'on s'écroule, béat devant cette fatalité. Je prépare le sublime pour mieux vous le laisser, je vais dresser des murs d'or, dresser des beautées dans nom, je veux réussir à ébahir, puis disparaître, avec élegance.

EDIT: il serait temps que je crève en fait, j'espère vite chuter, que mon poids baisse vertigineusement jusqu'à l'arrêt définitif du coeur, par ce que je n'ai pas les couilles de me donner la mort ce soir, pourtant dieu que j'ai envie de mourir sur le champ. Je détruis tout autour de moi, je ne sais rien faire de mieux, je suis insignifiante, les gens le pensent tous, ils se plaisent à me faire du mal. Ils se plaisent à me pousser à bout, et moi j'attends un miracle qui n'arrivera jamais. Je ne pense à rien d'autres qu'a mes erreurs, me mettant toujours en monstre, mais eux alors putain, pourquoi ils me font ça eux? On doit pardonner, donner sans cesse et toujours, quant-à moi je dois m'excuser, sans cesser être desolée de ma propre existence, de mes faits et gestes, mes pensées. J'ai mal de m'écraser tout le temps, d'être CELLE qu'on pointe du doigt, marre d'être toujours de trop, marre de n'être qu'une présence fictive dont l'humanité se fout quand elle s'en va. J'veux mourir, mais j'ai pas les couilles, j'ai peur de me rater aussi, et vivre après une tentative de suicide je ne sais pas si j'en aurai la force. Ca fait trop mal de vivre, et de faire semblant de sourire, de faire semblant que tout va bien, travailler et batir des projets dont je me fouts, le futur je l'attendais, il me tenait en vie mais plus je m'y enfonce et plus il me déçoit. Les forces me manquent, j'écris du désespoir par ce que c'est ce que j'écris le mieux, le triste et la destruction je sais les mettre l'écrit par ce que je sais admirablement les créer. Ma vie s'est effondrée en une seconde, j'ai toujours eu un don pour le mélancolisme, la déprime, mais je trouvais la force de me battre, j'avais des ressources. Mais là je n'ai plus rien, je m'enfonce de jour en jour dans ma solitude, refusant d'exprimer ce qui me fait mal aux gens autour de moi, je n'arrive à rien, pas même à leur parler. Je m'enfonce et je sais pas comment me sortir de là, pourtant j'aimerai, mais j'peux pas. Qu'y-a-til à faire? A part entendre les gens donner tel ou tel avis qu'ils te dressent telle une vérité immuable. Ca me ronge les tripes, le coeur, le cerveau. Ca me dissout le corps.  Je m'immole à feu doux depuis trop longtemps, en débris j'ai peur. Je voudrai qu'on me rassure, qu'on me dise que ça va aller,... pff .Qui prendrait la peine de prendre du temps pour moi? Je ne mérite même pas le temps, je ne mérite rien. J'espère que j'attendrai vite 28 kg, si c'est pas assez pour mourir, faudra descendre plus bas, à voir. De toute façon c'est une belle mort, l'anorexie, non? Puisque tout le monde s'en branle autant que ça serve  quelque chose, tous ces soucis.

samedi 12 mars 2011

"Le temps viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui." (Augustin Spies)


http://www.youtube.com/watch?v=Tn3dKToa7Aw

Qu'importe combien je me sens seule, qu'importe à quelle point je suis lassive. Qu'importe à quelle point il pleut, de quelle intensitée le ciel est gris. Qu'importe la faiblesse, qu'importe la fatigue. Qu'importe la folie, la destruction, la haine ou la violence. Qu'importe quels furent mes hurlements silencieux, quels furent leur nombre. Qu'importe la difficultée du combat, qu'importe qu'il soit basé sur des illusions. Qu'importe qui je fûs, ce que les autres pensent. Je suis une poupée, et ce que vous voyez vous réconforte, vos sourires sont précieux. Je me fouts de crever de douleur, il me suffit de voir des regards épanouis, des rires legers et j'ai l'impression que je ne vis pas en vain. J'imagine que sûrement beaucoup jouent aussi un rôle, mais je me plais à vous imaginer dans le bonheur. Et c'est quand je vois s'esquisser des sourires que moi aussi j'ai envie d'en renvoyer, c'est quand j'entends retentir des rires joyeux que moi aussi je veux rire. On m'a dit, avant que j'étais un rayon de soleil, mais aujourd'hui? Que suis-je? Est-ce que je rayonne encore pour les autres? Suis-je encore leur échappatoire à la réalité d'un monde sans coeur? J'aimerai mais je n'en suis plus si sûre.
Je dois vous manquer je sais, je refuse tout au nom d'un chiffre, d'un nombre qui ne signifie rien. J'ai des absences, je pense en silence, parfois vous devez vous demander ce qu'il y a dans ma tête, pourquoi je fais tout ça. Je ne trouve aucune réponse, pas l'ombre d'un mot à la hauteur de ce que je ressens. Ana est plus forte que nos rires, que mon bonheur, que l'amitié, que le désir. La nourriture est au centre de mes pensées, de ma vie, je ne pense qu'a la fuir et pourtant elle m'entoure et m'enserre de plus en plus, plus je m'en détache et plus j'y pense. Je suis énorme, et c'est la seule chose à laquelle j'ai envie de penser, me focaliser sur le poids qu'il me reste à perdre, sur comment mon corps sera beau quand mes os seront beaucoup plus saillants.
Tout ce que je vous tais, c'est pour vous proteger, vous proteger de moi. Je vous aime et je vous fais du mal, je dois vous éloigner de ça. Mais plus je sombre et plus j'ai envie de me sentir moins seule. Ce vide je l'ai crée toute seule, cette solitude je l'ai doucement dessinée au crayon gris puis repassée à l'indélebile. Et pourtant autour de moi il y a du monde, mais je suis vide et tout ce qu'il y a autour me semble ausis vide que mon estomac. Vivement que je sois maigre, je me répete cette phrase dans ma tête, me rêvant belle et fine. Je ne sais pas ce que ça changera mais j'ai l'impression que plus je perdrai et plus mon bonheur s'aggrandira, une question de poids, le poids de mon désespoir fondra.
C'était comment déjà quand je mangeais sans rien penser de mal? C'était comment quand je crevais pas la dalle tout le temps? C'était comment quand je me pesais jamais et que je me foutais du poids que je pouvais bien peser? C'était quoi déjà la sensation de manger de bonnes choses, ça fesait quoi de se faire plaisir? Rappellez moi, j'ai oublié. (et je me jure qu'un jour peut être je serai capable, peut être à petite echelle, de ressentir un de ces plaisirs)

Anorexia isn't a fucking game, please scream this sentence. Evitez aux jeunes filles au bord du vide de devenir ce vide.

jeudi 3 mars 2011

Non... je n'ai pris aucun plaisir. 2 ans. PUTAIN

(pas jouis, c'était degueulasse, sâle et moche nan j'ai pas pris de plaisir non, je l'ai même perdu)

dimanche 20 février 2011

Petite Princesse, mais le rose obscurçit trop vos yeux, sous mes paillettes se cachent haillons et saletées.



Je suis la princesse du royaume des glaçes, debout dans le froid le corps livide, l'air absent, le regarde vide, le visage terne. Mes habits sont colorés, mon humeur est sombre, je suis un paradoxe, mais ils ne voient rien, tant mieux ou tant pis? Dois-je m'en réjouir ou en pleurer? Je l'ignore. Chaque pas que je fais est un pas lourd, la démarche difficile causée par l'excès de masse corporelle, un excès hallucinatoire puisque dysmorphie. Mon poids commence par 3, théoriquement je ne devrais pas être grosse, mais je le suis, c'est ainsi. Chaque fois que j'avale, c'est comme un couteau qui me laçère le corps, je retiens les larmes pour eviter le ridicule. J'ai déjà pleuré d'avoir mangé mais on ne m'a pas comprise, on a tenté de me réconforter, mais... on ne m'a pas comprise. Je ne suis pas l'héroïne d'un film dramatique, je suis une adolescente comme une autre, ou presque... puisqu'étrange, puisqu'objet de foire, puisque curiosité humaine. Je m'en fiche. Ma différence est presque devenue une force avec le temps, mais ultime combat, mon corps lui... Je me bats pour me foutre du regard des autres mais voila que c'est mon regard qui dirige ma vie, mon regard faussé de jeune fille folle qui voit, inanimée son corps gonfler, grossir chaque jour bien que la balance dise le contraire. Je n'en parle pas trop, ça n'intéresse pas les gens, c'est certain ils ne savent pas quoi faire, comment réagir. Qu'aurais-je fais à leur place? Moi même je ne sais pas, j'aurais sûrement réagis comme eux. On ne sait pas quand on ne le vit pas. Je suis leur princesse, c'est mignon, c'est touchant, je me sens comme une fée parfois avec eux, ils pourraient presque me renvoyer une bonne image de moi-même, mais je croise le reflet de mes cuisses et mon royaume s'effondre. Princesse des glaçes a froid, elle n'a pas assez mangé aujourd'hui, comme tous les autres jours. Elle sourit par ce qu'elle veut paraître heureuse, par ce qu'il n'y a pas que son poids dans sa vie, par ce que les autres méritent une place, qu'ana n'est pas la reine. Mais Dieu qu'ana est un piège, par ce que l'amour que je lui porte est sans borne, par ce qu'il ne s'explique pas, par ce qu'elle est viscérale, charnelle, par ce qu'elle m'habite, m'anime et m'exalte, pour mieux me laisser crever de froid, allongée au sol, tremblante et épuisée. Elle veut me voir sombrer, et je l'implore de me tuer doucement, pour faire durer le plaisir. Dans ma tête je lui parle, comme à un dieu, je touche mon bracelet, fais des prières en silence, c'est intrinsèque. C'est moi, elle est moi, et je veux lui faire honneur, je lui offre mon corps, sacrifice humain. Bien que priant qu'elle se désagrége de mon esprit et que ma vie continue sans que je me rappelle l'avoir idôlatrée. Je l'aime mais comme en amour, elle me fait du mal mais je ne peux cesser de l'aimer. Elle veut que je sois belle, elle veut me rendre attirante, mais aux yeux de qui? Qui pourrait désirer une jeune fille au visage terne, aux yeux vides, au sourire absent, le corps tremblant et sans formes dont le contact glaçé n'est qu'un heurt à des os? Personne, mais il n'en est rien, je le fais pour moi et pas pour les autres. Bien que j'ai peur, oui j'ai très peur de la tournure que peuvent prendre les choses. Elle se plait à me rendre folle, elle veut que je me détruise, c'est son orgasme à elle, à ana, je la fais jouir. En échange, elle m'apporte l'ivresse de la faim, mais celle-çi est ephémère et devient vite la dépression de la faim. La faim qui épuise, qui attriste et devient insupportable, qu'on s'inflige sans trop savoir pourquoi on continue de ne rien avaler, de refuser la bouffe. On se voit crever et on sait pas pourquoi on veut pas, on peut pas s'arrêter.
Le desert de glaçe, il est immense, au loin, la banquise, de la neige et encore de la neige. Je m'y enfonce, doucement, à pas feutrés, sans faire de bruit, sans pleurer, sans gémir, sans hurler. Le coeur battant, très vite, puis très doucement. Personne ne le voit, mais le voyage dure depuis déjà longtemps, et mes habits chauds ne sont plus que haillons, il fait de plus en plus froid. La princesse meure en sont royaume, elle attend, elle veut mourir maigre, alors en attendant, elle agonise.

vendredi 28 janvier 2011

La soundtrack de Dog Pound est absolument magnifique

Débutons, parlons, Dog Pound, pour une fois que je ne débute pas par moi même, ma vie, sâle égoiste. Ce film, j'ai voulu le voir, je l'ai vu et je ne crois pas regretter un seul instant. Par ce qu'il me hante littéralement depuis, aucun film ne m'avait fait cet effet auparavant. Oui c'est peut être fictif, mais après tout c'est le reflet de la réalité, de la mienne, de la votre, et vraiment, ca m'a prit aux tripes. La musique est sublime. Je l'écoute en boucle et je n'arrive à rien faire d'autre.
Mon corps s'en va, il me lâche, revenons-en au fait. K-Tramadol, 0 kilo(s), pour tous les anti-héros. Mon corps, il s'épuise, de vertiges en vertiges. C'est comme si j'étais raide stone, comme si j'avais fumé et fumé des joints et des joints, les mêmes effets, mais je n'ai rien fumé que des cigarettes, et la faim me défonce, et la durée de cette phase aussi. Mon corps il est gros, trop gros, gros GROS GROS GROS GROS. Mon estomac se rétrecit je le sens, au niveau des repas, un repas par jour me semble déjà trop, mais je n'empêcherai pourtant jamais la faim d'hurler dans mon existence, je sais, on ne peut pas lutter contre elle. Du moins pas encore. Je me laisse mourir, mes rêves s'envolent alors j'ai décidé d'arrêter de me battre pour l'instant je laisse ana me dévorer sans remettre en doute le danger dans lequel je me mets, par ce que oui je sais, c'est dangereux, mais je suis aveugle, je ne vois rien, je ne vois plus ma fatigue. Putain de maladie, si s'en est une. Je me refuse tellement de plaisir, au nom de la minceur fictive, de la rachitique febrilité superficielle. Stoicisme, je me refuse d'avoir mal, d'avoir faim, de vivre. Je me refuse le plaisir, manger me dégoute, par ce que je trouve ca honteux. Je me refuse beaucoup de chose à vrai dire. Que vais-je faire? Depression adolescente, puisque nous n'allons jamais bien, nous les jeunes. Je ferme les yeux, musique dans les oreilles, c'est comme si cette vie était à mille lieux de la mienne, je me laisse souffrir au nom de la souffrance humaine, tous les maux m'assaillent, non je ne sauverai pas l'humanité. Mais pourquoi? Je veux m'écrouler, au nom de l'humanité, souffrir, pour ceux qui souffrent, mon problème, mon déni, intrinsèque et au delà. Tout moi... c'est rien. J'veux faire tout pour les autres, par ce que je ne sais pas pourquoi moi je souffre, je veux rien voir, rien comprendre j'm'en fouts j'veux pas savoir ce qui me fait mal. Alors autant servir de martyr humaine, bombe humaine. Plus tard j'ai des rêves qui, presque les seuls ne s'écroulent pas, malgré tous ceux qui s'effondrent, j'voudrai faire quelque chose de grand, pour le monde. Que les gens ne soient plus malheureux, ils méritent le bonheur, tous. Que les violents, les gens ayant commis des atrocités... qu'on les aide, pour comprendre ce qui les a poussé à faire ça, qu'au lieu de les enfermer dans des endroits qui les rendent plus violents encore, on cherche à les aider, pour qu'ils n'aient plus envie de recommencer, non pas par peur de la prison, mais par ce qu'ils n'auraient plus le besoin de recommencer, puisqu'ils iraient mieux.
Si moi j'en crève, si moi je vais mal, les autres... ils doivent continuer d'aller bien, je dois pas être si misanthrope que ça, je hais tellement de gens, mais malgré tout, j'veux pas que le mal envahisse le monde. Les gens sont cons, par ce qu'ils vont mal, le monde va mal, et j'pense qu'on est tous foncièrement bon, j'y crois. Je suis naïve. Parano mais naïve, en totale contradictions.
Et la nourriture... je ne l'assimile plus cette putain de nourriture, ana n'est qu'une salope, mais je dois maigrir, par ce que je suis grosse, oui à 38 kg je suis grosse. Vous savez, j'aurai du faire attention, après toutes les mises en garde qu'on m'a faite, je suis tellement bornée que j'ai rien ecouté. On m'a prévenue un peu tard certes, mais là il est encore plus tard, et chaque jour elle m'assassine. Mais j'ai tant de chose à faire, pourtant elle me détruit et me donne l'impression qu'il ne me reste rien, que j'devrais crever bientôt; me laisser mourir pour elle. C'est ce qu'elle voudrait, bien qu'elle ne soit pas humaine, qu'elle ne se nomme pas Ana mais Anorexie Mentale et qu'au fond de moi, je refuse totalement cette appellation, je suis trop grosse pour être malade.

jeudi 13 janvier 2011

Tu sais, je ne vais pas bien et ma vie ne tient à rien

J'ai porté en marchant, le poids de mes erreurs, le poids de mon esprit, de mon désespoir. J'ai hurlé en silence, en secret, des heures et des heures, des jours et des jours, des années et des années. Le venin coûle dans mes veines, je marche sereine, les gens sont aveugles, je pourrai mourir tellement de fois de l'intérieur, jamais ils ne verraient rien, illusion malsaine, c'est ce que je désire. Je ne voudrais pas qu'on sache, je me complais dans ma souffrance solitaire, partager ma douleur ne l'apaise pas en somme alors s'il faut vraiment le faire par éthique je le fais, mais jamais je n'ai eu l'impression d'être un temps soit peu déliberée. Désalienée.
Loin de moi la dépression, plus proche pourtant que jamais, je m'habitue à sa présence, mais croyez moi il y a des avantages aux troubles de l'humeur, c'est que quoi que je ressente, cela ne dure jamais bien longtemps. Rire, j'en suis capable, pleurer aussi, et cela en l'espace parfois de quelques minutes tout au plus. J'ai voulus canaliser mes émotions, frustrée d'être leur esclave, je refusais de laisser mes affects bousiller ma vie, non-soignée je me sentais aller de depression en phase maniaque, le corps et l'esprit affaiblis au possible. Peut être qu'en voulant garder le contrôle j'ai jeté mon enveloppe corporelle dans le vide. Les gens... les gens, il faut toujours parler des gens, ces gens qui ne cessent de dire que j'ai changé, que je fais des efforts, que j'ai changé en bien. Je me suis calmée paraît-il, je n'ai changé en rien, je n'ai rien accomplis consciamment, je ne sais pas vraiment ce qu'il c'est passé en fait. J'essais aussi de me proteger il me semble, avant j'allais vers tout le monde, joyeuse et excentrique, on m'a dit il y a peu que maintenant je semblais renfermée, inapprochable. Je ne suis pas un monstre... Entre ceux qui disent que je suis mieux et ce qui me regrettent, ... assise, je suis assise.
Plus le temps passe et plus des souvenirs se bousculent dans ma tête, je n'avais jamais pris la peine de penser, aujourd'hui je me rend compte qu'aucun souvenir ne m'est agréable. Toutes les sensations qui m'assaillent en sorte de choc électrique parfois sans raison, en cours, sont toutes désagréables, insupportables. Des sensations ... ecoeurantes. La honte à vrai dire, parfois plus, parfois de la melancolie, pas celle que le langage commun utilise, la melancolie Baudelairienne, la bile noire, l'humeur noir, la depression chronique, le spleen, la rate.... ca fait mal au cerveau. Mal à l'intérieur. Et j'ai souvent envie de fuir ces souvenirs, à coup de cachetons. Mais ca serait trop facile, deux ans de lutte, pas pour rien, ils ne me prendront pas tout. Entre le manque de calmants, le manque d'anti-douleurs, de scarifications, de morsure en crises de larmes, de crises d'angoisses en crises de nerfs mon corps a trop tremblé. Je vis dans le passé, c'est vrai tout me suis à chaque seconde. Je transporte à chaque pas une immense valise remplie des mes plus belles insalubritées, de mes plus vivaces douleurs physiques et mentales. Je marche et je pense à la nourriture, je marche et je pense à ce jour d'été, je redécore l'entrepôt abandonné en me visualisant sa disposition... c'est très malsain j'en suis consciente. Je rentre dans mes toilettes et l'odeur de parfum me rappelle mes purges, mon tapis, mes genoux le sentent. Je ne dois plus vomir. Je regarde mes bras en repensant aux marques. Je prends mon porte monnais et je revois les lignes de poudre blanche sniffées sur lui. Je vais dans mon lit, je regarde ma poubelle où j'avais entassé les boites vides et les flacons vides de méthadone. Je suis à l'ordinateur, et je me vois prendre un petit cacheton en continuant de "surfer sur le net". Je vais faire cour, je ne vous inflige pas tous mes souvenirs, ils relatent de toute une vie. Et dire que tout ça dans quelque mois sera très loin, où je serais l'année prochaine? Loin de ma chambre, de ma maison. Je n'eu pas passé que des moments agréables dans cette chambre, mais elle est mienne, la présence de ma famille dans la maison... même si je suis souvent seule, ils reviennent. Quand je serais partie... Je serai loin de mes amies, j'ai peur. Je donne un air assuré, mais au fond de moi je crève de trouille, en opposition à tous les autres "normalement" je devrais quitter le pays. Je suis aux anges mais j'ai peur.
Et si là bas ana décidait de me tuer?
C'est là que je prend conscience de toutes les amitiés que j'ai dénigré alors qu'elles avaient de l'importance, je voulais être indifférente, dure, mais il n'en est rien. Ils vont me manquer, sans eux je ne suis qu'une coquille vide, ils m'ont rempli, beaucoup m'on soutenu, malgré mes mensonges très peu on osé me dire des choses terribles. L'adolescence c'est vraiment une sâle période même si on peut vivre des choses magiques. Les adolescents sont perdus. Je suis carrement une sâle caricature extrêmiste de l'adolescente de base: fille "pseudo-anorexique", "pseudo-droguée", depressive, anarchiste, perdue... je vous passe les autres clichés. Ca fait beaucoup rire d'ailleurs, les gens sont parfois presque outragés du cliché que je représente, je suis votre miroir mes chers amis, vous refusez juste de voir en moi ce que vous avez honte de voir en vous. Ouvrez les yeux, vous aussi vous êtes détestables, on l'est tous, et on le sera toujours tous.
Et je me rapelle la peur au ventre des murs que je frôlais les yeux fixant le sol, les épaules repliées. Son regard injecté de rouge, ses lèvres bombées. Les larmes versées matin et soir, peur de me coucher pour devoir me reveiller chaque matin. Peur de ses mains qui m'enserraient le cou, peur de la manière qu'il avait de s'amuser de m'entendre hurler de douleur quand lui me tordait les bras. Non il ne voulait pas me blesser, il voulait m'humilier en me laissant souffrir sans jamais cogner franchement. Qu'avais-je fais? Pourquoi s'en prenait-il à moi? Pourquoi les autres riaient? Je déteste les autres par ce que je n'ai plus jamais cessé d'avoir peur d'eux, ils ont ri alors que moi je voulais qu'on m'aide. Et si un jour, seule je l'avais croisé, qu'aurait-il fait? Vous n'avez aucune idée de quel imbécile il était et les autres aussi, vous n'avez jamais regardé le regard qu'il avait, celui de la connerie, malpropre. Et j'ai tellement detesté être moi, j'aurais tellement voulu être une autre, par ce que j'étais leur cible à tous. Les rires sont plus blessants que toutes les insultes, comment j'ai tenu bon, j'ai honte. J'ai trop honte de dire tout ça tellement honte que j'ai sûrement apprecié mes autres douleurs presques moins honteuses que celle çi.
Et aujourd'hui je ne sais même plus m'alimenter normalement, comme si ça allait tout effaçer de souffrir pour autre chose, je suis une bombe a retardement, et j'ai honte de vous dire que ce matin, j'ai sérieusement envisagé de me jeter de la balustrade, en plein cour.